Bac à souvenirs

A cette époque, on faisait encore des achats en francs, les platines cd commençaient à atteindre des prix presque raisonnables et les chaînes Hi-fi s’accoquinaient de lecteurs laser multi-disques. Des points d’écoute se mettaient à pousser dans les supermarchés. Prononcer Mp3 revenait à passer pour un illuminé qui tentait de se faire passer pour un mauvais fan de Starwars. Les ordinateurs étaient chers et volumineux. Les téléphones portables aussi longs, voire plus longs que la main. Au ciné, Sharon Stone dévoilait son entre-jambe.

En pleine poussée d’hormones, aux dents brillantes, la peau parfumée à l’eau précieuse, la musique commençait à prendre une place importante, je découvrais les cassettes de la bibliothèque, que je choisissais au visuel de leurs pochettes. Je prenais plaisir à regarder les livrets même si souvent ce n’était qu’un vulgaire recto-verso. Je découvrais leur contenu dans mon baladeur, le soir avant de dormir. Beaucoup de piles s’y sont usées.

Après avoir passé un petit bout d’été, avec deux amis, un radio double-cassette et 6 albums plus tard, nous étions accros. Fini la dictature du Top 50. Nevermind a déboulé, plus rien ne sera jamais comme avant. Nous aimerions les guitares, le son saturé et les baguettes bien affûtées.

Le reste de l’été, on débarquait à Rennes Musique, le disquaire indépendant rue Maréchal Joffre et, ce sera aussi là que l’on passera, par la suite, tout notre temps.

A la découverte de nombreux trésors : disques, Fanzines, groupes de la scène Rennaise et tous les concerts à venir.
Le rendez vous incontournable des passionnés, les employés connaissaient tout, leur demander un renseignement revenait à s’infiltrer dans la bio d’un artiste truffée d’anecdotes.

Sources inépuisables de savoir et de souvenirs sonores, on y croisait bon nombre de figures connues et pas mal de groupes venaient là dédicacer avant leur concert. Il n’était pas rare de repartir avec un bonus (badges, tee-shirts, posters..) en plus de l’album. On y écoutait vinyles et la sélection CDs tout en feuilletant des Fanzines ou en zieutant les annonces des musiciens à la recherche de notes manquantes.

Le casque décroché, laisser traîner ses oreilles était riche d’informations, on pouvait y apprendre en avant première qu’un super groupe allait bientôt passer ou que telle formation avait signé. Twitter avant l’heure en somme.

En fin d’année, un truc de fou s’est passé, j’ai enfin pu acheter un ampli et une platine Cd Laser. Je ne sais pas si vous vous imaginez mais, auparavant, vous n’entendiez parler de laser que dans les films de science-fiction. Désormais, vous possédiez cet objet plein de jolis reflets, la révolution sonore et numérique était en marche…[A suivre]

 

 

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