Trans 2013 – Chic Gamine

Chic Gamine a ouvert le bal des Trans en jouant au parc expo le jeudi soir. Ce groupe canadien, très soul, avec une pointe d’électro, est composé de 4 chanteuses et d’un batteur. Et ils sont tous très gentils. Leur énergie positive envahit la pièce en un claquement de doigt, je le sais parce que j’ai pu les interviewer. C’est par là !

 

– Alors, vous êtes contents d’être là ?!

Tous : Ouiiiii !!!

– Vous avez eu le temps de visiter Rennes un peu ?

On a marché de l’hôtel à ici (le Liberté, ndlr) ça fait un trop brève aperçu…

– Oh mais ce n’est pas le plus joli… Faut aller dans la vieille ville, c’est plus sympa.

Nous sommes arrivées hier peu de temps avant le concert, c’est un peu la course ! Mais on essayera, il parait que le centre est très joli ! (ils repartent pour l’Angleterre dès demain soir, ndlr) –

Vos chansons sont principalement en anglais, mais vous avez choisi un nom de groupe en français, pourquoi ?

Ce sont deux mots en français en effet, mais ils sont aussi acceptés dans la langue anglaise : « Chic » donc, et « gamines » en anglais ça fait référence à un look à la Audrey Hepburn, c’est aussi une coiffure. Du coup ce sont des mots qui fonctionnent dans les deux langues. Et puis on voulait représenter nos racines francophones dont nous sommes très fiers (4 francophones, et une francophile Alexa, et le batteur, Sacha a aussi des origines brésiliennes et syriennes, ndlr).

– Comment vous êtes vous rencontrés ? Ça fait 6 ans que vous faites une tournée ensemble non ? O

ui 6 ans. Au début, on était trois filles à se connaitre depuis l’enfance. Nos parents étaient déjà amis à Saint-Boniface, la ville d’où on vient. On a commencé à chanter ensemble vers l’adolescence, on avait des groupes de musique, qui se côtoyaient, jouaient aux même soirées… On a rencontré les autres il y a 7 ans à peu près. Notre groupe commençait à se dissoudre, celui de Sacha aussi (le batteur, ndlr) et on a rencontré Alexa au même moment. Nos personnalités se sont attirées. Sacha : Moi je vivais à Montréal à ce moment là, les filles à Winnipeg. J’étais allé faire une représentation dans leur ville et je les ai rencontrés sur un plateau de télévision. Quelques mois plus tard, mon groupe s’est dissout, elle était dans un groupe de 8 chanteuses et 3 d’entre elles voulaient quelque chose de nouveau, elles m’ont proposé de jouer avec elles, j’ai accepté, malgré la distance. Alexa était alors une chanteuse bien en vue à Winnipeg, elles l’ont alors approchés pour lui proposer le projet aussi. –

Si vous pouviez emmener un album sur une île déserte, ça serait lequel ?

(Gros brouhaha et grosse discussion) C’est trop difficile ! Question piège ! Juste un, c’est stressant ! Un album de Stevie Wonder ? De Radiohead ? Paul Simon ? Une compilation d’Aznavour ? Sacha : Carlos Dafé ! Pour mes origines brésiliennes.

 

– Il y a de l’anglais, du français, du brésilien… Et tout ça alors, on peut considérer que ce sont vos inspirations ?

Une partie en tout cas, parce qu’il y a beaucoup, beaucoup. On aime énormément la soul, le bluegrass, la country, … On a aussi grandi avec de la musique classique. Et puis on s’influence de nos propres influences, les uns les autres. On voyage dans une camionnette en Amérique du Nord, où les distances sont folles, du coup on a tout le temps de découvrir les musiques des uns et des autres. On fait aussi pas mal de festivals, on rencontre beaucoup d’autres musiciens, et ça nous nourrit musicalement parlant, on a des nouveaux coups de cœur très souvent.

– Si vous pouviez faire la première partie d’un artiste ou d’un groupe, vivant ou mort, ça serait qui ?

(Discussions de groupe, encore… Gros débat) Mickael Jackson ? Les Beatles ? Stevie Wonder mais dans sa période 60’s ? … TÉLÉPHONE ! DAVID BOWIE ! BLONDIE ! On aime beaucoup la musique des années 80 aussi. Et des années 60. Sacha : Oh ! J’en ai un autre ! Bill Withers ! Tout le monde : Oh oui ! Sacha : On a regardé un documentaire sur lui il y a pas longtemps, alors qu’on était sur la route. Il a une énergie, on l’aime beaucoup. (Et là, j’ai eu droit à une petite chanson à capella de « Ain’t no sunshine », entre autre, et c’était assez magique)

– Pour une personne qui ne connait pas du tout la musique canadienne, vous conseillez quoi ?

Half moon run, Royal canoe, J.P Hoe, Del Barber, Marie-Pierre Arthur!

– Qu’est-ce que ça fait d’être un mec qu’avec des nanas Sacha ?

 

Je classe plutôt les gens en deux catégories : ceux avec lesquels on aime passer du temps, et ceux avec qui on n’aime pas. Et si elles avaient été des mecs, par tout hasard, avec leurs personnalités, leur beauté intrinsèque, tout ça… Et bien ça serait pareil pour moi : j’aime passer du temps avec elles. Qu’elles soient des nanas ou des mecs, ça ne change rien. L’important c’est comment on s’entend et comment on communique. Ces histoires qui disent que les hommes ou les femmes ont des différences pour communiquer… Je pense que si y’a la volonté de l’un comme de l’autre, il n’y a pas de problème, pas de différences… Ce n’est pas une question de sexe.

– Et du coup, en tant que femme dans le monde de la musique vous n’avez jamais eu de problèmes ?

Je n’appellerais pas forcément ça des problèmes… Ou alors, s’il y en a, on se dit que si il y en a, on essaye de passer au dessus. Je pense qu’on a besoin de montrer plus de preuve de talent par contre, on doit vraiment montrer aux gens de quoi on est capable…

Sacha : ça c’est vrai. Quand on rentre dans une salle, ils voient quatre filles arriver, on voit que les techniciens tiquent un peu. Mais dès qu’elles se mettent à chanter, les expressions changent. Les filles : Les techniciens oui, en effet. Sacha : J’ai quand même l’impression que le monde pardonne moins les écarts aux femmes en général… Que le monde est encore pas mal cruel avec les femmes. Les filles : Et toi t’as l’occasion de le voir de façon objective.

Sacha : C’est vrai. Et on nous parle d’égalité homme/femmes, mais on n’est loin du compte encore. Les gens attendent des choses bien différentes des femmes et des hommes, et ça c’est la triste réalité.

– Avez-vous une anecdote marrante à raconter, sur un live ou autre, histoire de finir sur une note plus joyeuse ?

« Hum » général. – Personne n’a jeté de culotte sur scène encore ? Non ! Pas encore ! Quel dommage ! – Très bien, un message au public rennais : Envoyez. Des.Culottes. *rire* Propres ! Très important, propres de préférence ! – C’est noté !

Merci à tous et toutes pour cette interview  avec un accent adorable, ainsi que pour avoir chanté à capella parce que c’était très chouette.

 

Propos recueillis par Sophie Barel – Un grand merci à toutes et à tous. Crédit Photo : Philippe Remond.

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