Chris Jagger sur les planches du Grand Soufflet.

Chris Jagger

Vendredi dernier, le Grand Soufflet avait invité Chris Jagger. Le frère de Mick est venu fouler les planches du chapiteau pour nous présenter quelques unes de ses nombreuses compositions. Nous avons eu la chance de le rencontrer quelques instants.

Rencontre avec Chris Jagger.

Tu as fait des études d’art dramatique, tu as travaillé dans le cinéma, le théâtre, la création de vêtement, tu as été journaliste, qu’est ce qui t’a décidé à te consacrer à la musique finalement ?
Oh j’ai juste étudié un peu l’art dramatique. J’ai fait tous ces métiers un peu pas vraiment à fond, plein de petites choses. Ma vraie première expérience en musique s’est passée en Inde. J’ai étudié la musique avec des professeurs locaux. J’ai appris des chansons simples, appris à écrire avec eux. Mes études ne sont donc pas très habituelles, c’est plutôt rare comme approche.

Et puis, je suis monté sur scène et j’ai réalisé que je pouvais le faire. Je me suis dit que j’en avais envie donc je me suis lancé. Tu veux faire quelque chose, tu aimes faire cette chose, alors fais-la.

Des amis belges m’ont aussi demandé d’écrire des poèmes. Et quand tu écris des choses, finalement tu écris des chansons. Cela m’a convaincu que c’était cela que je voulais faire. C’est vrai que j’ai aussi fait du théâtre et j’aimais beaucoup ça. J’aurais peut-être été meilleur dans ce milieu, je ne sais pas… En même temps, c’est très dur d’être un bon acteur, il faut être très délicat et beaucoup travaillé. J’ai pas mal d’amis acteurs, ils sont très forts, très bosseurs et il faut vivre beaucoup d’années sans argent. En musique, c’est un peu pareil finalement. Et puis, il y a la vie qui te fait prendre des décisions. Quand tu as des enfants et qu’il faut les élever, tu prends le premier boulot que tu trouves et tu oublies la musique ou le cinéma. C’est dur mais c’est la réalité. J’ai aussi été chauffeur de taxi entre autres, je cherchais des boulots pour me faire de l’argent. Tu te retrouves avec plein de boulots sur ton CV mais tu n’es expérimenté en rien du tout.

Qu’est ce qui t’a amené au blues ? Des artistes en particulier peut-être ?
Je joue du blues mais je dirais plus de la country, du cajun comme ce soir. Je ne sais pas pourquoi j’ai choisi ce style.

Pour moi la musique blues est très intéressante, c’est une musique qui dit beaucoup de choses rien qu’avec les voix.

Quand je parle de blues, je pense forcément à John Lee Hooker, je n’ai jamais eu la chance de le rencontrer. Je pense que c’est important de continuer son travail, de perpétuer son univers après sa mort. Si je reviens à mes études en Inde, tu apprends de ton maître pour pouvoir ensuite faire la même chose et perdurer son travail, son savoir. La mort ne doit pas tout arrêter.

Tu as fait une très longue pause de 20 ans avant de sortir ton 3ème album. Pourquoi ?
C’était une période où je faisais beaucoup de choses. Je continuais de faire de la musique mais pas de disques. Cela m’a d’ailleurs permis de continuer de progresser en musique et de sortir ensuite de meilleurs albums.

Le son de ce 3ème album avait beaucoup évolué puisqu’on y retrouvait du cajun, zydeco, folk, country, rock. Pourquoi cette ouverture ?

Je trouvais que ma musique avec ma simple guitare devenait trop pauvre. J’en avais marre de faire toujours les mêmes accords, de tourner en rond. J’ai commencé à m’ouvrir sur d’autres instruments avec le violon, je trouve que c’est magique, le son d’un violon est juste beau. J’ai tout de suite été attiré par la musique cajun lorsque j’ai décidé de m’ouvrir à autre chose.

J’aime l’histoire de la musique cajun, la façon dont elle est arrivée en Louisiane, cette façon de se servir de la musique pour s’entraider en communauté.

J’ai étudié tout cela tout seul pour pouvoir m’en inspirer. La Louisiane, la Nouvelle Orléans, tous ces lieux très inspirants pour les compositeurs. C’est toujours pareil, si tu veux être pris au sérieux, il faut faire cela de façon très professionnelle, j’ai donc beaucoup appris sur cette musique.

Un nouvel album en préparation ? De l’actu ?

BMJ à Berlin va sortir mes meilleurs morceaux avec un film pour accompagner tout cela. J’ai enregistré plus de 100 chansons alors ils ont le choix pour le Best of !

Avec ces 100 chansons, cela me permet d’être pris au sérieux et de ne plus être que le frère de Mick Jagger. Je suis aussi un musicien et un compositeur. Je n’ai pas de nouvel album en vue pour le moment.

Tu parles de quoi dans tes chansons. Tu as fait plusieurs concerts de charité pour le Tibet ou la Bosnie. Tu parles de politique, des problèmes mondiaux, des conflits ?
Je fais des chansons simples avec des paroles simples pour que tout le monde puisse les comprendre. Mes chansons les plus simples sont les meilleures.

Oui j’aime parler de politique dans mes chansons parce que je pense que beaucoup de gens se voilent la face, ne veulent pas écouter ce qui se passe dans le monde et continue de vivre leur quotidien.

Si avec quelques paroles, on peut en parler c’est toujours ça ! Mais c’est compliqué d’écrire des chansons sur des sujets politiques, on peut vite tomber dans les clichés. J’ai mis beaucoup de temps pour écrire sur le Tibet, je ne savais pas comment amener le sujet.

Tu es dans 3 groupes : un trio d’acoustique, the Rocking Kronies et Atcha ! Avec quel groupe vas-tu jouer ce soir au Grand Soufflet ?
Je vais jouer avec le groupe acoustique ce soir, c’est le groupe avec lequel il est plus facile de jouer un peu partout.

Comme tout le monde le sait, tu es le frère de Mick. Va-t-il venir te voir ce soir ?
Il ne pourra pas venir ce soir il joue en Californie en plein désert dans un très gros festival qui s’appelle Desert Trip avec Paul McCartney et Neil Young entre autres. Il habite en France « de temps en temps » (en français dans l’interview), pas très loin d’Amboise.

Merci Chris.

Propos recueillis par Cath

FESTIVAL DU GRAND SOUFFLET
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