[GRAND SOUFFLET] Pachibaba : « la transe est au centre de notre projet »

Pachibaba

Pachibaba jouait vendredi dernier au Grand Soufflet. Ils sortiront un nouvel album en 2018. Nous avons pu discuter avec Cyril Atef et Fixi juste avant leur concert.

Rencontre avec Cyril et Fixi.

Pachibaba, c’est du créole ?

Fixi : Oui ça veut dire « Par ici, par là-bas », c’est un mélange de musique !

Vous venez d’un peu partout alors ?
Cyril : Il y a 4 membres de la Réunion, Olivier Araste de Lindigo, sa femme Lourianne, son frère Dado et Madja aux percussions. Lindigo est un groupe très populaire à la Réunion, ils cartonnent là-bas, ils tournent dans le monde entier ! Fixi a d’ailleurs réalisé 2 albums pour eux. Fixi, c’est mon petit corps sensible parisien que je connais depuis 20 ans. On a cependant jamais travaillé ensemble jusqu’à Pachibaba. Et il y a moi ! Cyril Atef ! Le groupe s’est crée en mars 2016, on a joué plusieurs fois à la Réunion et en Métropole.

C’est un groupe particulier, on joue ensemble uniquement tous les 4/5 mois mais c’est très puissant sur scène.

Pachibaba c’est parti d’une rencontre entre Olivier et toi Fixi ? Vous vous êtes rencontrés à la Réunion non ?
Fixi : Oui, je connaissais bien Lindigo. On avait déjà fait pas mal de musique ensemble, des albums, des concerts. Et puis un jour, Olivier a rencontré Cyril, il m’en a parlé car il voulait faire de la musique avec lui. C’est Olivier qui a rassemblé tout le monde en fait. On était tous super d’accord dès le début !

Vous avez commencé par un bœuf tous ensemble pour apprendre à vous connaître musicalement ?
Cyril : Ouais et puis une résidence. On est tous venus avec des compositions, on a tous travaillé ensemble et on a enregistré un album en juin dernier.

Notre premier album tous ensemble, ça va être puissant, ça va être un succès universel (rires) !

Il sortira quand cet album ?
Fixi : Dans quelques mois, peut-être en début d’année 2018. On cherche un label donc ça peut prendre du temps. Nous produisons l’album mais nous voulons un bon label.

Il y a un peu de Maloya dans votre musique. Vous pouvez m’expliquer ce que c’est ?
Cyril : c’est une musique traditionnelle de la Réunion. Ce sont des rythmiques qui ont été créées par les esclaves dans les champs de cannes. C’est une rythmique très très puissante, ternaire. Notre musique est une création, un nouveau style. On ne fait pas du Maloya mais on s’en inspire.

C’est un nouveau style ? C’est un mélange de quoi ?
Fixi : c’est un mélange d’Afro, d’accordéon, de percussions traditionnelles de la Réunion comme le Roulér, le Sati, le Kayamb, le Pikér.

On mélange tout ça sans frontière. L’idée c’est de s’exprimer, de garder la transe au centre de notre projet.

On dit de votre musique qu’elle est thérapeutique !
Cyril : ah oui, c’est bien vrai ! C’est très solaire notre musique !

D’ailleurs Fixi tu as dit : « ce qui nous relie vraiment c’est notre goût pour la transe et tous les chemins pour y accéder ».
Fixi : oui, en concert, on essaie de faire un petit décollage et de nous et du public.

La musique c’est le meilleur moyen de s’échapper de la routine, de la vie réelle, de nos soucis, de nos problèmes de riches.

Il faut que les gens se lâchent avec nous ce soir !
Cyril : oui on va faire un jeté de crêpes ! (rires)

Quand on écoute vos chansons, on sent que vous êtes inspirés par la vie, l’avenir, le bonheur mais on ne saisit pas tout en créole. Vous parlez de quoi ?
Cyril : On parle de l’amour des mamans, de la jeunesse, d’espoir pour la jeunesse, d’amour. La tonalité est assez poétique. Le créole est une langue très imagée, assez douce. La langue a orienté le propos de nos chansons. C’est Olivier qui écrit les paroles surtout.

Après le Grand Soufflet vous jouez où ?
Cyril : On sera à l’Alimentation Générale à Paris ! C’est à 50m de chez Fixi, il ne peut pas faire plus proche comme concert ! Il viendra jouer en pantoufles.
Fixi : je peux jouer en bas de chez moi c’est encore plus proche…

Merci Cyril et Fixi

Propos recueillis par Cath
Crédit photo : Fabien Tressaille

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