INTERVIEW : GRAND CANNON AUX TRANSMUSICALES

© Lucie Inland

En cette troisième journée du festival nous avons rencontré Grand Cannon, un trio de blues helvéto-américain. Ce jeune groupe, fondé à l’été 2013, est composé de sexagénaires légendaires du style.

Pouvons-vous vous présenter ?
Pfuri : bonjour, nous sommes un trio qui s’appelle Grand Cannon. Nous jouons ce soir avec des musiciens en plus. Dans le groupe il y a Kniri Knaus, Zach Prather et moi, Pfuri Baldenweg.

D’où venez-vous ? Comment vous êtes vous rencontrés ?
Pfuri : de Suisse et des Etats Unis. Kniri est suisse, Zach est américain (de Chicago), moi de Suisse également mais je suis à moitié australien.
Zach : je jouais à une soirée il y a quelques années. Pfuri revenait d’Australie et était là, il s’est assis et a commencé à jouer de l’harmonica. C’était très cool, le courant est passé tout de suite donc nous avons décidé de faire quelques trucs ensemble, quelques concerts. Puis il m’a présenté Kniri, avec qui il jouait dans les années 70 [Pfuri, Gorps & Kniri, qui a existé de 1974 à 1981], et on s’est dit que ce serait une bonne idée de continuer tous les trois.


Comment définiriez-vous votre son, votre univers ?

Pfuri : je dirais « bluesy / punky / rock / pop ». Chaque chanson est différente mais c’est un mélange de tout ça.
Zach : C’est du blues à la base, vu que le rock et la pop viennent de ce style, toutes nos références se rejoignent.

Vous écoutez quoi chez vous ?
Pfuri : j’aime les Rolling Stones, les Kinks, AC/DC, surtout le rock classique.
Zach : pareil, beaucoup de blues forcément, Screamin’ Jay Hawkins avec qui j’ai joué pendant trois ans, c’était génial, il était vraiment fou * rires * Mais aussi des choses plus récentes et variées, même Adele, j’essaie de garder l’esprit ouvert et frais. Kniri écoute beaucoup de blues de la Nouvelle Orléans.

© Lucie Inland

Est-ce que ce sont vos premières Transmusicales ?
Oui, et c’est aussi notre premier concert en France. On a déjà joué dans ce pays mais avec notre précédent groupe, comme au festival de jazz de Montreux [en 1977 et 1979].

Qu’évoque ce festival au niveau de la réputation pour vous ?
Pfuri : on n’avait pas trop fait attention avant, c’est quand j’ai rencontré Jean-Louis Brossard à Zürich que ça m’est revenu à l’esprit, c’est un bon festival de découvertes avec une belle énergie comme celui de Montreux.
Zach : je trouve ça bien que ce soit un festival fait pour valoriser la musique et les artistes actuels, il y en a besoin vu l’état de l’industrie musicale où il est difficile de se faire remarquer. C’est une bonne opportunité pour nous de jouer et aussi rencontrer des gens intéressés par la musique actuelle.

Quelles sont vos attentes ?
Pfuri : on espère que les gens vont aimer notre concert et rejouer en France après. Nous avons un album, « Boom », qui est sorti en Suisse et sera disponible en France d’ici le printemps 2016. Nous avons aussi un nouveau clip de prêt mais on attend encore un peu le bon moment pour la publier.

Que peut-on vous souhaiter ? Avez-vous d’autres projets ?
Zach : nous travaillons toujours sur de nouveaux morceaux qui sortiront plus tard, nous voulons juste que les gens écoutent et apprécient notre musique. Grand Cannon est notre projet principal, on préfère se concentrer dessus plutôt que s’éparpiller. Nous sommes des musiciens donc forcément on joue beaucoup, on ne peut pas s’empêcher, mais nous n’avons pas d’autres groupes ou projets parallèles.
Pfuri : ah si on aime cuisiner, manger et le vin ! * rires * Mais plus sérieusement la musique a toujours été notre métier, on s’est toujours battus pour ça même si ça n’a jamais été facile donc ça restera notre priorité à vie.
Zach : on ne fait pas de la musique parce que c’est facile sinon personne n’aurait fait ça, mais c’est ce qui nous tient aux tripes.

Grand Cannon joue ce soir à minuit 40 au hall 8 du Parc Expo.

Photos : Lucie Inland
Texte : Sophie Barel et Lucie Inland

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