King Dude – The Enchanted Wood

Ca faisait bien deux ans que j’attendais de voir King Dude sur scène, grâce à l’increvable association Kfuel c’est désormais chose faite sans avoir à me déplacer. Ce projet solo de Thomas Jefferson Cowgill (Book Of Black Heart, Teen Cthulhu), originaire de Seattle, présenté comme de l’ « Apocalyptic Folk », terme inventé par David Tibet pour parler de son projet Current 93 (écoutez « Swastika For Noddy » si ce n’est pas déjà fait), est un mélange entre americana et dark folk. Il joue tantôt en acoustique tantôt en amplifié en groupe. C’est la première version qu’il nous présente lors de cette tournée, seul avec sa guitare donc.

Je le rencontre peu avant le début de la soirée histoire de faire quelques photos, juste deux, le monsieur n’étant pas fan de l’exercice. Cette mini déconvenue n’entache pas la bonne impression que j’ai de lui après avoir un peu discuté, et qu’il m’ait montré ses nouveaux tatouages faits par Guy Le Tatooer1 à Toulouse « tous les deux totalement ivres » (typiquement le genre d’histoire qui me touche). J’apprécie toujours autant ces moments avec les artistes que je rencontre pour des photos ou des compte-rendus, la mauvaise rencontre tant redoutée n’est toujours pas d’actualité.

Pour un dimanche soir il y avait pas mal de monde au Bar’Hic, ce qui n’est pas surprenant vu l’affiche. La soirée débute avec The Enchanted Wood2, un des plus chouettes projets rennais à ma connaissance, mené par Michel Le Faou. J’avais eu l’occasion de le voir sur scène fin 2011 à Brest en première partie de Death In June mais je n’avais suivi le concert que de loin et je dois avouer ne pas avoir été convaincue (en même temps avec de telles conditions d’écoute voilà un bien bel avis fondé sur pas grand chose). Depuis j’ai écouté avec attention chez moi et j’aime beaucoup cette ambiance très cinématographique (d’ailleurs il a joué en ciné-concert « Frankenstein » dans le cadre du dernier Travelling), d’émotion folk et de sophistication noire à la Nick Cave. On va donc dire que c’est la première fois que je le voyais sur scène. La configuration du projet ce soir là est en duo, ce dernier enchaine une sélection des deux albums « Monster Parade »  et « The Enchanted Wood ». Emilie du duo Février3 les rejoint pour la chanson « Ling Chi ». Une prestation qui ne fait que confirmer le bien que je pense de The Enchanted Wood et qui me rend curieuse de l’avenir de ce projet.

Puis arrive le Dude sur scène. Le public se masse très vite devant le petit devant de scène du bar et semble impressionné par le personnage, grand, très tatoué et ouvertement ambassadeur de la Greater Church of Lucifer4 (je ne suis pas spécialiste de la question mais ça n’a rien à voir avec le satanisme et les sacrifices de chatons). La religion est en effet un élément central dans sa musique et sa vie, son éducation étant faite d’une part par sa mère païenne adepte des cristaux et son père baptiste. Ajoutez à ça une fervente passion pour les standards américains (son idole depuis l’enfance est Ritchie Valens, auteur de « La Bamba »), et vous aurez une idée de l’atmosphère qu’il sait créer avec sa guitare et sa voix qui m’a collé des frissons d’un bout à l’autre du concert. La setlist est un beau mélange de sa discographie déjà bien fournie, notamment le très beau « Love » qui comprend « Lucifer ‘s Light Of The World » qu’il nous fait chanter avec lui. Entre deux chansons il communique de façon de plus en plus drôle avec le public (le fait d’avoir le cerveau de plus en plus imbibé de whisky doit jouer). Ce concert tant attendu s’achève de façon un peu brutale et absurde pour cause de mort de corde de guitare avant la dernière chanson prévue (j’aurais tellement aimé entendre « You Can Break My Heart »), tant pis.

Au moment de partir il me serre dans ses bras en guise d’adieu et je rentre chez moi encore totalement transportée par cette puissante soirée. Je ne sais pas quand je vivrai une telle expérience musicale mais vivement.

Lucie Inland.
P
hotos & texte.

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