Pato Machete ouvre le bal du Grand Soufflet !

Pato Machete © Mozpics Mo

La 21ème édition du Grand Soufflet s’est ouverte jeudi dernier avec Pato Machete, icône du hip-hop mexicain. Il faisait chaud sous le chapiteau. Pato Machete nous a offert un show digne de ce nom avec du hip-hop, de la cumbia, du reggae, du tango, de quoi ravir le public. Nous l’avons rencontré quelques heures avant son concert.

Rencontre avec Pato Machete

Tu es connu pour être l’un des deux chanteurs de Control Machete, groupe majeur de l’histoire du hip-hop mexicain et latino-américain. Tu en gardes quel souvenir de cette époque ? Vous avez partagé la scène avec David Bowie, Eminem, Faith No More et bien d’autres !
C’était une grande expérience pour moi et un grand honneur d’avoir pu partager des scènes comme celles-là ! Cela m’a appris beaucoup de choses, ces personnes m’ont beaucoup apportées. C’était pour moi la meilleure opportunité pour faire passer mon message sur scène et me faire connaître.

En 2008, tu t’es lancé en solo. Comment as-tu appréhendé cela ? C’était par envie ou par nécessité parce que tu ne te voyais pas arrêter la musique ?
C’est vraiment par accident que j’ai commencé ma carrière solo.

Mais je ne me perçois pas comme un artiste solo, je n’ai pas ce rôle. Je travaille toujours avec plein de personnes autour de moi pour faire les arrangements, la technique, il y a mes musiciens.

Je m’unis avec des gens. J’ai quand même gardé le nom Machete pour rendre hommage à mon travail précédent et pour continuer à véhiculer mes messages comme avec Control Machete.

Aujourd’hui, après un break de 4 ans depuis ton album 33, tu reviens avec Rifa ! En 4 ans d’absence, qu’est-ce que tu as changé dans ta musique, dans ta création musicale, dans ta façon de voir les choses ?
En effet, 4 ans, cela peut paraître long mais sur 4 ans il y a déjà 2 ans de préparation pour ce nouvel album. J’ai aussi changé de maison de disques l’année dernière. Je suis retourné vivre à Monterrey.

La création de cet album a été longue car j’ai fait appel à beaucoup d’artistes argentins comme Pablo Lescano, un musicien de cumbia très reconnu au Mexique.

C’était beaucoup de rencontres au hasard et ces personnes ont fini par participer à cet album. Pour moi c’est un album très complet, très éclectique ce qui explique ce long travail de préparation.

Il parle de quoi cet album ? Qu’est ce qui t’inspire pour écrire ?

J’essaie de tourner toujours autour des mêmes thèmes : la famille, la ville, la rue et ce qui se passe dans mon pays.

Ce sont mes thèmes prépondérants dans tous mes albums. Je ne parle pas forcément de ce que les gens n’ont pas mais de ce que nous avons tous en commun, de nos racines communes qui devraient nous rapprocher. J’aime plus travailler sur les thèmes d’union que sur les thèmes de séparation. C’est aussi pour cela que je travaille avec des gens qui viennent d’autres horizons musicaux, c’est à la limite de l’expérience religieuse quand on se retrouve tous sur scène.

Tu en a déjà parlé un peu mais peux-tu me parler de Pablo Lescano et de Celso Piña qui ont participé à cet album ? Tu dis que Celso Pina est comme un ange pour toi.
Pour moi, Celso Piña est une grande légende de la musique, c’est une des plus grandes références de la musique cumbia. C’est aussi un grand ami et, en effet, c’est un ange que la vie a mis sur mon chemin. Il est toujours là pour m’accompagner, me conseiller. Il est aussi là pour me forcer à travailler, me motiver quand j’en ai besoin. Il m’aide toujours dans mes arrangements, dans mon travail personnel. C’est pareil pour Pablo Lescano. C’est une grande figure de la musique argentine. Il fait un peu de la musique tropicale en substituant l’accordéon par un clavier électrique. Ses sons sont très représentatifs de la culture argentine.

Pour moi, Pablo Lescano et Celso Piña sont deux références en terme de musique latino-américaine, deux exemples à suivre et deux grandes sources d’inspiration.

Tout au long de l’album on retrouve du hip-hop, du reggae, de la cumbia, du tango et même des musiques hawaïennes ! Tu es influencé par plein de styles différents ! C’est pour montrer ton ouverture au monde, ne pas t’enfermer dans quelque chose ?
On parle souvent de hip-hop pur et dur mais il ne faut pas oublier que le hip-hop vient de diverses influences. Moi en faisant de la musique latine, je ne me voyais pas ne pas m’inspirer de tous les genres musicaux qui font notre musique, qui font partie de notre identité. Cela enrichit forcément ma musique. C’est une nécessité pour moi de faire appel à tous ces genres musicaux pour les mettre en valeur, pour partager nos racines latinas. C’est ce qui s’écoute dans la rue, c’est notre quotidien tous ces mélanges musicaux.

Tu dis que tu as pris de la maturité sur cet album. Tu peux nous expliquer ?
Pour moi la maturité c’est quelque chose de très relatif. C’est avant tout et surtout à cause de mon âge, j’ai 41 ans. J’ai parcouru beaucoup de chemin depuis Control Machete où j’avais à peine 20 ans quand on a commencé. On s’est pris des claques avec Control, on a rebondi, parfois on est retombé, cela m’a appris beaucoup de choses et cela se ressent dans l’évolution de mes 3 albums, j’ai parcouru beaucoup de chemins entre chaque.

C’est la première fois que tu viens jouer en solo en Europe, merci d’avoir choisi le Grand Soufflet ! Tu connaissais Rennes ou tu arrives en terrain totalement inconnu ?
Je ne suis jamais venu à Rennes (prononcé Rennesse) et même jamais à Paris. En France, j’ai juste joué au Rio Loco à Toulouse qui est un magnifique festival ! C’est une belle occasion pour nous de vous faire connaître notre travail avec cette petite tournée européenne.

Quels sont les artistes français que tu écoutes ?
Je n’ai pas beaucoup de références en musique française. En hip-hop, je connais MC Solaar. Il a beaucoup été écouté en Amérique du Sud !

Je sais qu’il y a une grosse scène naissante de hip-hop en France et c’est plutôt rassurant et encourageant.

Quand j’ai commencé il y a 20 ans, on me demandait si c’était juste un phénomène de mode. Ca me fait plaisir de voir qu’il y a une nouvelle génération pour perdurer ce mouvement musical, des jeunes qui vont perpetrer la tradition.

Ca va donner quoi ce soir Pato Machete sur scène au Grand Soufflet ? On dit que tu es bourré d’énergie sur scène et que tes shows font toujours bouger la foule !
J’espère faire un bon show ce soir ! On a essayé d’incorporer des anciens morceaux que je faisais avant en les modifiant un peu, en ajoutant une touche musicale nouvelle avec toute ma bande de très bons musiciens, la « crème de la crème ». De l’énergie ! Ca oui, c’est sûr il va y en avoir ! Avec toutes mes influences, hip-hop, reggae, cumbia, on devrait réussir à faire bouger les gens.

Merci Pato Machete

Propos recueillis par Cath
Crédit photo : Mozpics Mo

FESTIVAL DU GRAND SOUFFLET
Tout savoir sur le festival du Grand Soufflet : http://www.legrandsoufflet.fr/

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