The Valderamas

The Valderamas - © Catherine Rué

The Valderamas racontent des histoires. De René, de Carlos et bien d’autres. Sur fond de rock 60s, avec des accents surf et folk. Parfois ils s’énervent, mais cultivent un goût prononcé pour les ballades et les mélodies pop. Nous avons rencontré les Valderamas pour leur toute première interview. Le trio rennais se produira jeudi au Oan’s Pub dans le cadre de notre carte blanche pour le festival I’m From Rennes.

Rencontre avec Simon et Julien.

Pouvez-vous vous présenter ? Quel rôle avez-vous dans le groupe ?
Simon : je suis à la guitare et au chant. J’écris mais chacun participe, amène des morceaux, propose. On arrange les morceaux tous ensemble. Il n’y a pas de notion de leader chez les Valderamas.
Julien : je suis à la basse et aussi au chant mais beaucoup moins souvent que Simon. Je fais souvent les choeurs, je chante parfois les chansons que j’écris, même si la plupart des chansons sont écrites par Simon, en tout cas la première écriture. Et il y a Mathieu à la batterie.

Comment vous êtes-vous formés ? Vous existez depuis peu apparemment.
Simon : avec Julien on s’est rencontrés dans un précédent projet, un groupe qui s’appelait « The Sons of Opossums », et qui s’est arrêté en 2013. Julien est parti en Amérique du Sud pendant 1 an. A son retour, en octobre 2013, on a commencé à penser faire un projet tous les deux. On s’y est vraiment mis en début d’année 2014. On a beaucoup travaillé tous les deux entre mars et juillet 2014. En juillet, on a rencontré Mathieu. C’est le premier batteur à qui on a demandé et ça a fonctionné direct. On lui a fait écouter notre première maquette et ça lui a plu. On a vraiment commencé à travailler tous les trois à la rentrée 2014. On a un an d’existence !

Vous avez joué au Bateau Ivre peu de temps après et au Melody Maker le 20 juin dernier, avec notamment Interstellar Overdrive ?
Simon : en effet, on a fait notre premier concert au Bateau Ivre en décembre 2014, ça ne faisait que 3 mois qu’on répétait ensemble. On a ensuite fait notre EP 4 titres au printemps dernier et enchaîné sur notre deuxième concert au Mélody Maker. Jeudi au Oan’s Pub, ça sera notre 3ème concert !

Vous n’avez mis qu’un seul titre en ligne : « On my way ». Vous pouvez m’en dire plus sur votre musique, votre style, vos influences ?
Simon : on a des influences variés !

The Valderamas, c’est pop années 60, rock, surf et folk un peu énervée !

On aime bien le côté chanson, on raconte des petites histoires, c’est notre petit côté folk. On n’est que trois donc la partie instrumentale est assez restreinte, on fait des morceaux courts, pas plus de 2’30. On aime beaucoup Tijuana Panthers, Kevin Morby
Julien : à la base, on est très éclectiques. L’arrivée de Mathieu a tout changé. On avait écrit beaucoup de choses mais quand une base rythmique arrive, il peut y avoir des fusions qui se font. Il a apporté sa propre culture musicale, son style de jeu. C’est cette rencontre à trois qui fait qu’à un moment donné, on part sur plusieurs choses tout en ayant une certaine cohérence. Chacun amène sa culture et on essaie de prendre une route ensemble.

Elles parlent de quoi vos chansons ? Vous racontez une petite histoire différente à chaque fois ?

Simon : les textes sont légers. J’écris des petites histoires sans prétention. Par exemple, j’ai une chanson qui parle d’un gars qui a un peu la tête en l’air parce qu’il pense toujours à son vélo et qu’il a envie d’aller faire un tour avec. J’ai écrit ce titre parce que j’aime le vélo tout simplement. « On my way » c’est l’histoire de quelqu’un qui essaye de ne pas penser à ce que les autres pensent de lui. Je ne raconte rien de personnel, ça parle plus facilement à tout le monde. J’ai aussi une chanson qui parle tout simplement de quelqu’un qui s’inquiète pour quelqu’un. Ces personnes peuvent être n’importe qui.
Julien : j’ai écrit une autre chanson qui parle d’une ville que j’ai visité en Amérique du Sud. Je me souviens d’un chien avec un noeud papillon et de chats sur les toits. C’était à Rosario, en Argentine. La chanson s’appelle « Rosario » d’ailleurs. C’est la ville rock d’Argentine, j’y ai passé 2 ou 3 semaines.

C’est volontaire d’écrire vos petites histoires en anglais ?
Julien : quand tu écris des chansons en anglais, la voix devient un instrument. On pourrait chanter en français, mais écrire en français ça devient un autre travail. Le français il faut le maitriser, l’assumer. A l’oreille aussi ça sonne complètement différent et ça devient un élément très important de la chanson. Alors que là, à trois, tout est important : les voix, la musique derrière. Il n’y a pas de militantisme ou le fait de vouloir cracher une vérité aux gens dans nos chansons, juste un peu de poésie et de légèreté. Avec l’anglais, l’ensemble est musical.

Je crois qu’il y a un EP qui sort en fin d’année ?
Simon : la date n’est pas précise, on espère avant la fin de l’année 2015. L’EP est prêt, il nous manque le visuel mais la musique est là.

Le visuel de votre EP va être fait par l’Atelier Wunderbar qui a réalisé la typographie de votre nom ?
Julien : Richard, de l’Atelier Wunderbar, est un ami qui aime bien la musique. Il a déjà une carte de visite intéressante. On lui a demandé de refléchir à notre identité visuelle avec toutes les discussions qu’on a eu ensemble. Il nous a proposé notre seul et unique visuel à l’heure actuel. Pour notre EP, on ne sait pas encore.
Simon : pour notre EP, nos clips, on a plein d’idées. On a une idée précise de là où on veut aller. On prend notre temps car on n’a pas envie de sortir quelque chose qui ne nous parle pas. On veut être fiers de tout ce qu’on fait, de tout ce qu’on sort. On prend toutes nos décisions à trois, il faut que ça plaise à tout le monde, donc ça prend du temps.

Vous êtes un groupe discret, on ne sait pas grand-chose sur vous, c’est pour nous donner envie d’aller en savoir plus sur scène ?
Simon : ça pourrait être ça mais ça n’est pas le cas ! On prend un peu de temps pour sortir l’EP d’abord parce qu’on a nos métiers à côté donc on manque de temps. On veut aussi faire les choses bien, trouver un beau visuel. Tout ce qu’on met en oeuvre pour ce projet, on a envie de le faire bien. On s’amuse pas à sortir des trucs comme ça, à raconter plein de choses, cela ne sert à rien. On pourrait aussi nous le reprocher d’être un peu trop discrets et en même temps, on n’en est qu’à notre 3ème concert. Si ça peut être perçu comme une envie de nous voir sur scène, tant mieux ! En plus, on a la chance de pouvoir jouer sur ce genre de grand événement où les gens vont venir nous voir en nombre. Les gens auront peut-être une oreille un peu plus attentive sur notre musique jeudi puisqu’ils ne la connaissent pas. On s’attachera ensuite à l’étape suivante autour de notre EP. Il est prêt, pour l’instant c’est notre outil de travail pour démarcher.
Julien : on n’a pas pas de stratégie autour de nous. On pourrait jouer sur le côté un peu mystère mais en fait, on avance plutôt à tâtons, on voit comment ça fonctionne. On construit les choses petit à petit. On n’a pas envie tout de suite d’afficher quelque chose qui soit définitif. Les choses se mettent en place très tranquillement sans aucun jeu de mystère.

Vous êtes notre coup de cœur dans la programmation de I’m From Rennes. Comment on se retrouve à faire sa 3ème scène au Oan’s Pub ?
Simon : cela s’est passé de façon assez simple et classique lors de notre concert au Bateau Ivre. Jérôme, du Bateau Ivre, a discuter de notre concert avec Anthony (rennesmusique), en recherche perpetuelle de nouveaux groupes rennais intéressants. Je lui ai envoyé notre EP et tout s’est fait comme ça !

C’est la même histoire pour Désobéissance Records ? La rencontre s’est fait de façon tout à fait classique ?
Simon : oui, exactement. J’ai rencontré Jérémy de Désobéissance Records via mon travail. Au fil de nos discussions, j’ai été amené à lui faire écouter notre EP. Il nous a programmé comme cela sur son label.

Vous avez d’autres scènes de prévues, d’autres concerts ? Sûrement pour la sortie de votre EP ?
Simon : pour le moment non. Comme on n’a pas encore prévu la sortie, on n’a rien projeté mais il y aura d’autres concerts ça c’est sûr ! Rien de fixé pour le moment. Quand notre EP sortira, il faudra booker des dates, ne pas laisser traîner. Pour le concert de jeudi, on a 12 titres à jouer. Il faudra bien qu’on continue de les jouer sur d’autres scènes.
Julien : il y a une notion qui est importante, c’est celle de se donner le temps de faire les choses, de faire les choses au mieux. Sans faire de philosophie, aujourd’hui dans l’industrie de la musique ça va très vite. A Rennes, c’est un vrai vivier, il se passe plein de choses. Les infos fusent. Il y a de très belles choses qui sortent, du bon son, de très bons groupes dont on entend parfois plus parler alors qu’ils avaient sorti des trucs incroyables. Se donner le temps c’est important. On a aussi notre vie en dehors du groupe qui est très importante, ça fait partie de notre philosophie. Petit à petit il va sûrement se passer de plus en plus de choses. Ca va dans le bon sens. Pour notre 3ème concert, c’est une belle date !

Que signifie le nom de votre groupe ? Il y a Carlos Valderrama qui est un footballeur colombien mais son nom s’écrit avec 2 « r ». J’ai aussi trouvé le nom d’une municipalité de la province d’Antique aux Philippines, il y a aussi Wilmer Valderrama, un acteur de séries télé au Venezuela. Il y a forcément une référence au foot. Vous pouvez m’en dire plus ?
Julien : on a décidé d’enlever un « r » car graphiquement ça rappelle tout ce qui est en « rama », comme télérama, musicorama, etc… Même si on veut pas concentrer les choses là-dessus, on a quand même une certaine connaissance footballistique et, en effet, il y a ce joueur Carlos Valderrama qui a joué pour l’équipe de Colombie. Il avait une coupe de cheveux assez marrante, il a évolué dans les années 90, on s’en souvient tous. La musicalité du mot aussi est sympa, ça sonne bien. On avait aussi envie d’avoir un nom à tendance hispanophone. On aime bien le mélange du « The » avec « Valderamas », le mélange anglais/espagnol. Avec ce nom, on pourra jouer en Colombie et aux States !
Simon : on nous appelle souvent Valderamas tout court ou Volderamas ! A la base, on adore le foot quand même ! Je suis fan des Merlus de Lorient face à deux rennais. Et puis, le foot revient souvent dans le nom des groupes en ce moment comme les Boca River. J’étais jaloux de leur nom !
Julien : on a une chanson qui parle de foot, elle s’appelle « René », en hommage à René Higuita, le mec qui a inventé le coup du scorpion lors d’un match amical contre les anglais à Wembley. C’est un petit clin d’oeil qui parle aussi du courage et de l’esprit enfantin, faut être un sacré gamin dans sa tête pour faire ce geste ! Et nous on est encore de sacrés gamins pour faire du rock à nos âges (35, 32 et 28 ans).

Parlons un peu de Rennes, ce vivier comme tu dis.
Quels sont vos coups de coeur musicaux rennais ?

Simon : les Madcaps, Sapin, Fat Supper, Combomatix
Julien : j’ai toujours aimé les Bikini Machine, ils ont la classe. Dans un style totalement différent, j’aime aussi beaucoup The Last Morning Soundtrack, ce folk épuré à la Sufjan Stevens. Je suis allé voir le concert de Darjeeling Speech mercredi dernier. C’est bon ça ! Il écrit super bien. Il y a Chouette avec qui on joue jeudi. En plus, je trouve ça cool que ça soit une fille à la basse dans ce groupe de mecs. Pour résumer, il y a beaucoup de belles propositions à Rennes.

Vous trainez où à Rennes pour écouter de la bonne musique ?
Julien : moi j’aime bien la salle du 1988 Live Club. Je serais très fier d’y jouer. On fait souvent notre tournée aux Transmusicales et aux Bars en Trans. On n’a pas de lieux particulier pour écouter de la musique, on est plutôt sur des événements.
Simon : j’aime bien le Mélody Maker mais on n’est pas fixés sur une scène ou un bar.

Merci Simon et Julien.
Rendez-vous jeudi 24 septembre au Oan’s Pub à 19h pour notre carte blanche dans le cadre du festival I’m From Rennes.

Propos recueillis par Cath
Crédit photo : Cath

Pour écouter The Valderamas > http://thevalderamas.bandcamp.com/releases

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