Trans 2013 – The Enchanted Wood

The Enchanted Wood, groupe rennais à l’univers singulier, folk belle, classieuse et sombre qui nous fait voyager dans une forêt que Tim Burton aurait pu visiter, Brocéliande fait grise mine.

Pourquoi ce nom pour le groupe ? (The Enchanted Wood -> la forêt enchantée en français)
Michel : « Ça vient d’une chanson sur la Belle au bois dormant. D’ailleurs on a une chanson qui s’appelle « Sleeping beauty ». C’est un nom qui colle bien avec ce que je voulais exprimer, soit un univers qui traite de l’enfance, des contes de fées, du fantastique… Mais aussi de l’horrifique et de quelque chose de plus adulte, de la peur du noir… Le fantastique ça sert aussi à parler du quotidien et de soi, en exagérant un peu les choses. Il peut se passer un peu n’importe quoi dans ce genre de foret. « 

Je trouve qu’il y a quelque chose de très londonien dans votre son. Quand je vous écoute, dans ma tête il y une rue pavée avec le ‘fog’ (le brouillard anglais un peu horrifique, ndlr), la nuit…
Michel : « C’est la première fois qu’on me dit mais vu qu’on s’inspire aussi de la littérature romantique et gothique, c’est pas incohérent… Et il y a le côté cinématographique, les films d’horreurs en noir et blanc.

– Je vois bien tout ça en bande-son pour la dernière saison de la série American Horror Story ou pour un film en noir et blanc sur le vaudou.
Michel : « Je ne demande que ça ! Je viens du cinéma à la base. C’était présent bien avant la musique. »

On est dans des sujets assez adultes et personnels, tout en étant dans le monde de l’enfance, ça colle très bien à ce qui m’intéresse et à l’univers du groupe.

– Du coup, si tu pouvais faire la bande-son de n’importe quel film, ça serait lequel ?
Michel :  » Les innocents » de Jack Clayton, un film inspiré de la nouvelle d’Henry James qui s’appelle « Le tour d’écrou ». C’est un film en noir et blanc qui évoque des enfants dans une maison avec leur gouvernantes, et avec des fantômes. Mais on ne sait pas si ce sont vraiment des fantômes, ou des souvenirs, ou leurs imaginations… C’est magnifique, pas du tout dans l’outrance gothique. Une sorte de clair-obscur un peu. On est dans des sujets assez adultes et personnels, tout en étant dans le monde de l’enfance, ça colle très bien à ce qui m’intéresse et à l’univers du groupe.

– Votre musique, au-delà du côté dark, ça m’a un peu fais penser à du Nick Cave et dz Tom Waits, ce sont des influences ou des inspirations pour vous ?
Michel : Oui ça peut être des influences, parmi plein d’autre. Il y a aussi de la musique de film, de la musique industrielle, du crooning, quelque chose de plus surannée et réverbérés, ou aussi quelque chose de très rock.

– Entre la musique à écouter chez soi et le live, est-ce qu’il y a un plus ?
Michel : L’album est très « produit ». On a empilé des pistes et des pistes, il y a des arrangements assez complexes qu’on ne peut pas reproduire sur scène… Mais sur scène on est six, il y a l’énergie du live, de la guitare électrique, deux batteries… C’est bien plus énergique.

– Et vous n’avez pas pensé à mettre des grands écrans pour relier avec le côté « cinéma » de The Enchanted Wood ?
Michel :   » On y a pensé, c’est en projet. Il faut juste le temps de le faire. Au concert de Fat Supper (jeudi soir aux Trans), vous avez pu voir que le groupe travaille avec des projections d’images, faites par le collectif Vitrine en cours. On pense à travailler avec eux aussi pour The Enchanted Wood. « 

– Il y a donc trois musiciens du groupe Fat Supper, deux du groupe La terre tremble… Comment plusieurs groupes se sont retrouvés autour d’un projet commun ?
Michel : « Il y a eu plusieurs musiciens qui ont tournés avant la formation actuelle, mais ça faisait déjà trois ans qu’on travaillait avec La terre tremble. J’ai eu envie de renouveler les choses, on a rencontrés pas mal de gens, et j’ai eu envie de faire appel à plein de musiciens découvert au fil du temps, et il s’avère qu’il y avait beaucoup de membres du groupe Fat Supper au final… On s’est tous retrouvé autour d’un projet commun, à retravailler l’ensemble. »

Un therémine, qui est le premier instrument électronique, ça date de 1922, ça a été créé par un ingénieur soviétique. Ça a été très utilisé dans le cinéma par exemple, notamment d’horreur.

– J’ai cru comprendre qu’il y avait pas mal d’instruments de musiques un peu improbables ? Genre scie musicale ?
Michel : « La scie musicale, on ne l’a pas aujourd’hui, mais on a une scie circulaire qui sert de cymbale. On aime bien récupérer des objets en fait. C’est un peu ce que je voulais dire avec l’inspiration musique industrielle, trouver des objets avec lequel on peut faire des nouveaux sons, des nouvelles textures… On a un orgue qui a été transformé en guitare. Un therémine, qui est le premier instrument électronique, ça date de 1922, ça a été créé par un ingénieur soviétique. Ça a été très utilisé dans le cinéma par exemple, notamment d’horreur. On a un autoharp aussi, une harpe qui est posée à plat. Ce sont des ajouts un peu exotiques, sur une base rock.

– Est-ce que vous attendez quelque chose de précis des Trans ?
Michel :  » Il y a tout l’accompagnement culturel qui est autour des Trans qui est sympa. On a une chouette salle, un public avertis… C’est très motivant. Après, on verra bien ce que ça donne. « 

– Tu penses quelque chose du public rennais ou de la ville rennaise musicalement parlant ?
Michel :  » Et bien déjà il y a un public à Rennes ! Il y a des asso’ qui organisent des concerts, une scène rennaise, une ville qui aime les lives… Enfin je ne sais pas si c’est la ville, mais il y a des gens qui aiment la musique. Il y a une âme « musique ». Après il y en a de moins en moins, ça devient de plus en plus difficile, mais bon. « 

– Tu as senti une différence avec le temps ?
Michel :  » Les bistros, les petits lieux, ferment de plus en plus. Ça fait moins d’endroit pour jouer du coup. « 
Léo, guitariste, chanteur Fat Supper et Pierre, batteur de Fat Supper, nous rejoignent à ce moment-là.
Léo :  » Mais c’est nationale ça, ce n’est pas seulement pour Rennes. Il y a de moins en moins de café-concert. « 

– Si vous pouviez faire la première partie de n’importe quel artiste ou groupe, vivant ou mort (soyons fou), ça serait qui ?
Pierre :  » Je rêverais de faire la première partie de Nick Cave and the bad seeds. Ou Vic Chesnutt, si c’était un mort. Ça serait un gros kiff. »
Léo :  » On peut prendre un personnage de dessin animé ?  » (*rire*)
– Bien sûr !
Léo :  » Sérieusement, avec Michel ça serait… Roy Orbison ! « 
Pierre : Oh ouais !
Michel : « ….. Betty Boop. « 
Léo :  » Tu prends un personnage de dessin animé toi ?  »
Michel : Ben oui.

– Est-ce que vous avez une anecdote bizarre de concerts ?
Léo :  » Une fois on a vécu un concert assez génial mais aussi assez bizarre. C’était à Dresde, en Allemagne, pour un festival qui fêtait les 30 ans de carrière de Death in June. Qui était un groupe avec lequel on rêvait de jouer. Et tous les groupes qui étaient présents c’était ceux qui avaient fait les premières parties de Death in June de l’année précédente, avec une influence assez particulière. C’était un univers assez « cheloux », très « européeanos » centrés. Des groupes qui utilisent des runes, qui s’habillent avec des vêtements datés, des costumes presque, très gothique, quasi ésotérique, assez dark… « 
Michel :  » À Rennes, je passe un peu pour un « dark man » mais là-bas on était des vrais hippies ! « 
Léo :  » Avec nos pulls, alors qu’eux ils buvaient du vin rouge dans des peaux d’agneaux !  »
Michel :  » Tout est une question de contexte finalement…  »
Léo :  » Autre anecdote, une fois ils sont montés sur scène sans moi ! J’étais aux toilettes, je les ai entendu jouer de là ou j’étais, ils m’ont oubliés. J’suis arrivé à la fin du premier couplet, j’suis monté sur scène, j’ai joué, l’air de rien… »
– Ah ah ah ! Un grand Merci à vous !

 

Death is Knocking at your Door – The Enchanted Wood from Mein Herr W on Vimeo.

 

Écoutez l’univers du groupe sur bandcamp.

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