Interview : les Dizzy Brains aux Transmusicales.

© Lucie Inland

Première rencontre des Transmusicales 2015 avec les Dizzy Brains, qui joueront vendredi au hall 3 à 22h10. Ces quatre jeunes musiciens nous viennent de Madagascar et jouent un garage rock qui semblerait presque sorti de nos bars rennais.

Pouvez-vous vous présenter ?
Bonjour, je suis Eddy le chanteur, il y a aussi mon frère Mahefa qui est bassiste, Poun le guitariste, et Mirana le batteur qui n’est pas là, il est encore à l’hôtel. Nous sommes The Dizzy Brains.
Nous avons entre 22 et 25 ans, le groupe existe depuis 2011. Un jour j’étais aux toilettes et j’ai entendu une chanson de Jacqueline Taïeb que mon père passait, je suis sorti et j’ai dit à mon frère « on va faire un groupe ». Personne n’a étudié la musique, on a pris une basse, une guitare et voilà.
On compose surtout en malgache mais on chante aussi en français et en anglais, ça dépend vraiment de notre humeur quand on compose Mahefa et moi.

D’où venez-vous ?
De Tananarive, au Madagascar . Ce pays c’est l’Atlantide du monde, tout le monde connait mais personne n’y va. Et ça se passe pas comme dans le dessin animé (1) ! * rires * On en vient après un voyage de seize heures pour jouer ici, c’est notre première fois hors du pays. On découvre l’hiver ici vu que c’est l’été là bas * rires *

Comment définiriez-vous votre son, votre univers ?
C’est carrément du garage rock. Un mélange de blues, de rock and roll, de punk, que ce soit du côté scénique ou musical. On nous dit souvent qu’on est groupe punk mais on veut pas être déclarés comme tel, même si on est punk malgré nous car la vie à Madagascar l’est. Le garage rock c’est un truc très simple, mélodique, très sauvage aussi, pur. Il n’y a pas le côté politique qu’on retrouve dans le punk, nous on annonce juste notre quotidien, on ne veut pas dénoncer les conditions de vie à Madagascar même si on en parle, comme dans la chanson « Vangy » (« Les crocs » en français). Nous ne sommes pas des porte-paroles de cette jeunesse, on est juste nous, des musiciens.

© Lucie Inland

Vous écoutez quoi chez vous ?
Poun est un grand jazzman, même s’il veut pas le dire * rires *, c’est le guitar hero du groupe. Mon frère et moi écoutons la même chose : les Kinks, les Rolling Stones, les Sonics, le Velvet Underground, Lou Reed, Pink Floyd… des trucs un peu vieux, les classiques quoi * rires *
Le grand problème à Madagascar c’est que les jeunes n’écoutent pas ce qui s’est passé avant les années 80, ils ont oublié la base, même s’ils ont vraiment envie de faire du rock. Pour eux ça commence à Scorpions et Bon Jovi. D’ailleurs nous ne sommes influencés par aucune groupe du pays, en même temps on est que six à faire du rock. Dans le tas il y a des dinosaures, nous on est des dragons ! * bras en l’air * Par contre il y a une scène metal très importante, qui représente 90% des groupes existants, c’est très à la mode en ce moment chez nous, mais ce n’est pas notre truc.

Est-ce que  ce sont vos premières Transmusicales ? Qu’évoque ce festival au niveau de la réputation pour vous ?
Oui, et notre première fois hors de Tananarive. On ne connaissait rien du festival avant de savoir qu’on y était programmés, il y a environ un mois. Du coup on a fait des recherches et on a vu que des groupes comme Nirvana, Lenny Kravitz et Björk y étaient passés, et là on s’est dits « oh putain ! ».

Quelles sont vos attentes ? Que peut-on vous souhaiter ?
On ne recherche pas spécialement la célébrité, on est juste les Dizzy Brains, on fait notre musique, si les gens aiment bien tant mieux, et si les gens aiment pas… tant mieux. Nous on aime ce qu’on fait, c’est le principal. On veut continuer à être comme on est actuellement, vrais dans notre musique et à s’amuser. Tant qu’on s’amuse le reste va tout seul. On ne voit pas ça comme métier même si ça l’est en pratique, nous avons la chance d’en vivre, mais c’est surtout une passion. Au début on est pas payés pour nos concerts, même pas le ticket de bus pour rentrer, du coup on dormait dans la rue avec nos guitares, mais on a persévéré et ça commence à payer.
Après cette date on va jouer à La Réunion, et on va sûrement revenir en France en 2016. On s’affole pas trop, on verra bien comment ça se passe.
On espère bien visiter un peu Rennes ce week-end, même si on doit aussi se reposer après ce long voyage.

Vous pouvez écouter leur musique sur Soundcloud (2) (la chanson préférée de Sophie est « Be your man »).

Photos : Lucie Inland
Texte : Sophie Barel et Lucie Inland

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