Catherine Baseball : « Dès qu’on entend le mot math rock, on pense que la musique va être indigeste, compliquée. »

© Francois Baudry Catherine Baseball

Catherine Baseball a sorti un premier album l’an dernier. Le jeune quatuor rennais formé en 2015 sera en concert à l’Antipode le 15 novembre prochain.

Rencontre avec Camille, Hugo et Lenny.

Vous pouvez me raconter l’histoire de Catherine Baseball ? Elle est née au Conservatoire de Rennes ?
Camille : l’histoire est née dans le préfabriqué 96 du Conservatoire de Rennes où j’ai rencontré Hugo et Germain. Il y avait un autre bassiste à la base mais ça ne fonctionnait pas. On a contacté Lenny qui était occupé à faire sa fac de biologie et ça l’a fait ! Le groupe Catherine Baseball est donc né à la rentrée 2015.
Hugo : on a fait pas mal de recherches l’année précédente pour trouver notre son, on ne savait pas trop ce qu’on allait faire.

C’est en 2015 que le groupe a pris une vraie direction.

Vous étiez un trio à la base non ?
Camille : oui on faisait un trio avec Germain le batteur et le bassiste qui était là au début du groupe. Hugo était motivé pour nous rejoindre. On avait aussi un autre chanteur mais il ne venait pas aux répétitions et il ne nous prévenait jamais c’était donc compliqué. Le bassiste ne travaillait pas ses morceaux ce qui était aussi compliqué pour la suite. Le groupe s’est vraiment fixé à la rentrée 2015. Au niveau musical, on se cherchait beaucoup à cette époque, même individuellement. On découvrait plein de choses, on écoutait beaucoup de musique, on était en plein dans nos études de musique, on travaillait beaucoup nos instruments. On continue d’évoluer aujourd’hui.

Vous étiez en quelle formation au Conservatoire ?
Hugo : nous étions en « Musiques actuelles amplifiées ». On était seulement 6 dans la promo. On apprenait à jouer ensemble. La formation a été une aide pour nous et on y a passé du bon temps. Le groupe a beaucoup changé depuis, c’était une bonne base pour nous mais c’était avant.

Vous cherchez à sortir un peu des sentiers battus. Vous avez une esthétique bien à vous, pas d’étiquette, même si on parle de math rock.
Hugo : on nous colle toujours l’étiquette de math rock, ce qui était vrai au début. On s’en écarte un peu aujourd’hui.
Camille :

le math rock est un style de musique stigmatisé. Dès qu’on entend ce mot, on pense que la musique va être indigeste, compliquée.

Nous, on veut faire des chansons, on aime bien les Beach Boys et les chansons à trois accords. On veut faire de la musique écoutable même si certains de nos morceaux sont un peu tirés par les cheveux.

Comme on est à Rennes on pense forcément à Totorro mais avez-vous un groupe qui vous unit tous ?
Lenny : c’est justement Totorro ! On est tous d’accord sur ce groupe.

Vous venez chacun d’univers bien différents. Tout ça permet d’apporter un son original avec ces mélanges ?
Hugo :

oui on vient tous d’horizons différents, c’est peut-être ça qui marche bien.

On n’était pas tous d’accord à la base du groupe sur ce qu’on allait faire. Ca nous a certainement aidé pour nous écarter de certaines choses.
Camille : on a tous un passif avant Catherine Baseball. Moi j’étais dans un groupe de punk rock. Hugo a beaucoup écouté Frank Zappa, les Pink Floyd. Il a beaucoup plus de culture que moi sur cette époque. Lenny est beaucoup plus dans le funk.
Lenny : on s’est donc tous écoutés les uns et les autres pour trouver un terrain d’entente, ce qui n’a pas forcément été facile au début.

Ca se passe comment la composition. Camille vient avec les bases et vous travaillez les arrangements en répétition ou vous composez tous les quatre ?
Lenny : au tout début c’était Camille qui proposait ses idées sur GarageBand. Au fur et à mesure, il y a eu plein d’idées à arriver de tous les côtés mais toujours avec ce même mode de fonctionnement, avec ce logiciel. Chacun bosse de son côté et on se retrouve en répétition.
Camille : depuis quelques temps, on commence à jammer, c’est nouveau dans notre façon de travailler. A la base, on avait notre idée qu’on triturait jusqu’à obtenir ce qu’on voulait selon les goûts de chacun.

Maintenant on compose beaucoup plus tous ensemble et on part sur du live pour trouver ce qui nous plaît.

Vous avez sorti 3 nouveaux titres après votre album. Vous pensez sortir un nouvel album bientôt avec ? Vous avez déjà suffisamment de matière ?
Hugo : on va sortir les 3 nouveaux morceaux en physique dans pas longtemps. Entre ces 3 morceaux et notre 1er album on a changé pas mal de choses dans notre musique et au niveau du son. On a voulu aller enregistrer ces 3 morceaux en studio pour mettre tout ça à plat et montrer ce qu’on fait aujourd’hui. On pense déjà à l’année prochaine avec des choses un peu plus fournies.
Camille :

on aimerait sortir un album l’année prochaine. On a déjà une bonne partie qui est composée.

On va l’enregistrer début 2019 pour une sortie à la rentrée prochaine peut-être.
Hugo : on a acheté des nouvelles pédales, des nouveaux amplis, des nouvelles guitares. Tout ça fait que notre son a un peu changé. On a essayé de grossir un peu le son, c’est pour ça que nos 3 nouveaux morceaux n’ont pas du tout le même son que notre 1er album. On va continuer dans ce style, peut-être trouver une nouvelle couleur, on verra.

Vous avez enregistré vos 3 morceaux avec qui ?
Hugo : on est allés au One ID Studio dans la zone de Lorient à Rennes. Il y a du très bon matériel qui est parfait pour notre son. On a enregistré nos 3 morceaux en 3 jours. On les a enregistrés en live, ça donne quelque chose de plus vivant et ça allait dans notre démarche de faire de nouvelles choses.

C’est allé très vite pour vous. Aujourd’hui, vous êtes soutenus par l’Antipode, I’m From Rennes, le Jardin Moderne, la Nouvelle Vague.
Hugo : on est surtout soutenus par la Nouvelle Vague. Noémie Lemesle (de la Nouvelle Vague) nous aide beaucoup. Elle nous a découvert sur Bandcamp alors qu’on avait enregistré juste 2 titres à l’arrache.
Camille : l’ancien régisseur du Labo à Dinan nous avait vu en concert et c’est lui qui en a parlé à Noémie. Noémie a eu un coup de cœur pour nous, elle a en quelque sorte misé sur nous et elle nous a bien aidé. On la remercie beaucoup. C’est grâce à elle qu’on a pu faire nos premières dates en SMAC, on a pu jouer à la Carène, au Tétris.

Rennes vous inspire quoi pour faire de la musique ?
Camille : je suis bien content d’y être. Il n’y a qu’à Rennes qu’on peut voir des trucs incroyables même un dimanche soir.
Lenny : quelque soit le soir, tu peux soit en faire, soit en écouter, c’est un truc de fous.

A Rennes, tu peux voir Lysistrata ou MNNQNS dans des petits lieux avant qu’ils ne fassent toutes les grosses scènes.

Hugo : il y a par moment des concerts totalement obscurs dans des endroits qu’on ne connaît pas.

Des lieux que vous affectionnez sur Rennes pour écouter de bons concerts ?
Hugo : il y a de bons concerts au Bar’Hic, au Terminus.
Lenny :

il faut surtout se concentrer sur les associations rennaises qui programment les groupes. C’est grâce à ces associations qu’on peut jouer.

Camille : j’ai des potes qui sont dans l’association Papiers Noirs, ils sont dans le punk rock. Ils sont super impliqués et motivés et c’est une chance pour tous les groupes rennais qui commencent de pouvoir compter sur eux. Il y a toujours de la place pour faire la première partie.

Des groupes rennais que vous suivez tout particulièrement ou une découverte rennaise récente ?
Camille :

je me mets à écouter Mermonte, je trouve leur musique très belle.

Je n’avais jamais écouté avant, j’ai vu que leur nouvel album sortait, ça m’a donné l’occasion d’écouter et de découvrir les autres albums.
Hugo : j’écoute Chevo Légé en ce moment. Je crois que c’est un mec qui est tout seul et qui invite des gens pour jammer avec lui. Il passait au Terminus il y a 2 semaines. Je trouve ça super original !

Merci Camille, Hugo et Lenny.

Retrouvez Catherine Baseball pour un apéro concert le 15 novembre à l’Antipode.
19h / Entrée libre.
https://antipode-mjc.com/agenda/apero-concert-avec-catherine-baseball

Propos recueillis par Cath
Crédit photo : François Baudry

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