[LES EMBELLIES] Deux Boules Vanille : « on ne peut pas être sauvés par quoi que ce soit sur scène ».

© Franck Alix

Le duo « Deux Boules Vanille » était en live vendredi dernier dans le cadre du festival des Embellies. Loup Gangloff et Frédéric Mancini viennent de sortir un nouvel album « Planète Gougou ». A découvrir absolument en live !

Rencontre avec Loup et Frédéric.

Vous vous êtes rencontrés comment tous les deux ?
Frédéric : on s’est rencontrés après le lycée, on jouait chacun dans des formations différentes. On jouait chacun dans les projets de l’autre, on s’invitait à jouer. On est tous les deux batteurs, on voulait faire quelque chose ensemble mais sans savoir quoi. On a donc rajouté les synthés et voilà comment ça a commencé !

Vous avez un parcours classique de musique ? Vous jouiez de la batterie en premier instrument ?
Loup : j’ai commencé la batterie assez jeune et fait de la musique en amateur vers mes 13/14 ans.
Frédéric : moi j’ai fait un peu de piano et guitare quand j’étais jeune. J’ai commencé la batterie vers 11/12 ans.

Vous pouvez expliquer votre dispositif sur scène ?
Frédéric : on a chacun le même dispositif. On a quatre éléments de batterie sur lesquels il y a des capteurs, des triggers qui prennent les vibrations de chaque frappe qu’on fait et qui déclenche un synthétiseur analogique de la même façon qu’on pourrait appuyer sur une touche de piano.

A chaque frappe acoustique s’ajoute un son électronique du synthétiseur. Le jeu est de composer avec à la fois la rythmique et la mélodie qui sont complètement imbriquées et dépendantes l’une de l’autre.

Il n’y a pas de boucle ou de pré-enregistrement.

Tout est fait maison ?
Frédéric : on construit nos synthés effectivement.

J’invente moi même les synthés, je les monte, je dessine les circuits, et je construit les circuits imprimés.

Ca fait longtemps que j’étudie tout ça. Il ne nous reste plus que les batteries à fabriquer !
Loup : on commence, j’ai fabriqué une cloche que j’ai soudée !

Sur scène, comme tu le disais, tout est joué en live, rien n’est enregistré à l’avance c’est ça ?
Loup : oui, c’est le principe. On n’avait pas du tout envie de travailler avec des musiques enregistrées, des boucles.

On a vraiment fondé le projet sur cette idée, d’être juste tous les deux et de se responsabiliser sur le rythme et la mélodie en même temps. On ne peut pas être sauvés par quoi que ce soit sur scène.

On est quand même assez intéressés par la musique électronique, les musiques automatisées mais on voulait quelque chose de plus organique.

Ca donne quoi Deux Boules Vanille en live ? Il y a un peu d’impro ou tout est calé au millimètre ?
Frédéric : non, on a les structures, on sait plus ou moins ce qu’on doit jouer et ce que l’autre doit jouer mais les longueurs changent. Les synthétiseurs n’ont pas de preset, il faut chercher les sons, les sculpter en même temps. D’une représentation à l’autre on ne va pas retrouver les mêmes réglages exactement.

Ces espèces « d’accidents » peuvent parfois créer des partis bien plus intéressantes et on va peut-être rester dessus un peu plus longtemps.

Et puis des fois il y a un son horrible et on se hâte de passer à autre chose.
Loup : il y a parfois un son horrible et on ne s’en rend pas compte, on continue de jouer (rires).

Et pour la composition ? Vous partez sur de l’impro et vous gardez des petites choses ?
Loup : c’est un peu ça oui. Parfois on improvise tous les deux et on garde les moments intéressants, on voit ce qu’on peut faire de ces « petits trucs » qu’on trouve. Et parfois on arrive avec une idée un peu écrite dans nos têtes, on la propose et on la transforme ensemble. On compose vraiment tous les deux.

Quand on vous écoute, il y a une sensation de « transe » dans votre musique, on sent que ça monte et qu’on part avec vous. C’est quelque chose qui vous parle ?
Frédéric : complètement, c’est quelque chose qui appartient aux musiques électroniques. C’est un peu ce qu’on essaye de retranscrire, de retrouver dans notre musique.
Loup : de le soumettre aussi à un truc corporel et physique qui n’existe pas vraiment dans la techno et dans les musiques électroniques. C’est intéressant pour nous de voir qu’on peut se mettre en transe, y accéder avec un public. Il y a aussi quelque chose de visuel qui se passe avec le public.

Si le public danse, on se met à jouer plus et peut-être plus longtemps et physiquement on s’implique encore plus.

Votre nouvel album « Planète Gougou » est sorti début février. On sent une évolution dans cet album.
Loup : oui, les synthétiseurs qu’on utilise évoluent avec le temps. On en est à la quatrième version des synthétiseurs, le son évolue donc naturellement. Nos prises de position changent aussi avec le temps. On a fait un premier disque qui s’appelait « Tutti frutti » en 2015 et on était sur une énergie un peu brute, on avait l’impression de peut-être découvrir notre instrument, on s’est beaucoup amusés. Aujourd’hui, on a clairement un recul, on a essayé de se concentrer sur la prise de sons des percussions et des batteries, qui est peut-être un peu plus travaillé.

Frédéric : pour l’album « Planète Gougou », on est plus allés chercher la mélodie, l’harmonie des synthés.

C’est assez dur de définir votre musique finalement, il faut vous voir sur scène.
Loup : notre dispositif nous permet d’emprunter un peu du son dans différents styles qui nous intéressent.
Frédéric : le fil conducteur depuis qu’on a commencé ce projet est celui de la musique pour la danse. Une musique qui amène à quelque chose de physique.

Merci Loup et Frédéric.

Propos recueillis par Cath
Crédit photo : Franck Alix

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