Mermonte : « Pour Mouvement, j’ai eu envie de me lâcher un peu plus, de retravailler sur des influences que j’avais comme Gainsbourg. »

© Yoann Buffeteau Mermonte

Quatre ans après « Audiorama », Mermonte est de retour avec « Mouvement », 3ème album de ce collectif de musique pop orchestrale rennais, sorti le 19 octobre dernier.

Rencontre avec Ghislain Fracapane.

Votre dernier album « Audiorama » est sorti il y a 4 ans. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour « Mouvement » ?
On a beaucoup composé pendant ces 4 ans, on a fait pas mal de choses avec Pierre Marais qui est vibraphoniste.

On a fait pas mal de démos pour que le son soit bien meilleur que sur nos albums précédents. On a donc pris du temps pour avoir un son et un arrangement parfaits.

A la même période, nous n’avions plus de label et plus de tourneur. Il fallait donc tout refaire depuis le début et reformer une nouvelle équipe pour cet album. Nous étions avec Clapping Music et les Tontons Tourneurs. On a rencontré Romain Pellicioli, le manager de Concrete Knives qui a un label qui s’appelle Room Records. Il était intéressé pour signer avec nous. Tout cela nous a donc pris du temps et on a tous nos side projects qui nous prennent aussi beaucoup de temps comme Bacchantes, Bumpkin Island, Lady Jane, Tropique Noir.

Vous êtes nombreux à Mermonte. De nouvelles personnes sont arrivées depuis 4 ans ?
Mermonte c’est un groupe où tout le monde peut venir et partir. En ce moment nous sommes 9 sur la route (avec l’ingé son), au début nous étions 10, on est montés jusqu’à 14 pour certains concerts. Les violonistes, violoncellistes et le trompettiste sont partis. On a recruté Amandine au violon, je l’ai rencontrée par hasard au Jardin Moderne. Pour présenter les 9 membres, il faut savoir que nous sommes tous quasiment multi-instrumentistes. Pour ma part, je fais de la guitare, de la trompette, du chant, des percussions et un peu de batterie sur certains morceaux. Pierre Marais fait du vibraphone, de la guitare, du chant. Julien Lemonnier fait du clavier, de la guitare et du chant. Sans présenter tout le monde, je dirais que ça permet d’obtenir plein de sons différents.

On est moins nombreux sur scène on se doit donc d’être multi-instrumentistes pour avoir tous les sons des arrangements sur scène.

Comment s’est passée la composition de cet album ? C’est quoi la technique quand on est aussi nombreux ?
En général, je compose tout, excepté des lignes de chants que Astrid Radigue ou Eleonore James font et écrivent. Je me fais beaucoup aider par Pierre Marais, il m’a beaucoup aidé pour les démos, pour chercher des sons, pour chercher le must pour chaque instrument. Au niveau des paroles, je le fais de temps en temps mais je ne suis pas un bon parolier. Je demande donc souvent à Astrid ou Eleonore.

J’ai aussi demandé à des copains de venir chanter et écrire des paroles comme Dominique A, Laetitia Sadier de Stereolab, Devin Yuceil de Delta Sleep et Stuart Smith de This Town Needs Guns.

Qu’est-ce qui a évolué dans votre musique, votre composition ? Vous avez changé certaines choses ? Certaines façons de travailler ?
J’ai eu d’autres influences par rapport au 2ème album. Pour le 2ème album, on revenait des festivals d’été, on avait donc une vision claire de ce que le public voulait et de ce que nous voulions aussi. On voulait beaucoup plus d’énergie, une formule un peu plus rock pour « Audiorama ».

Pour « Mouvement », j’ai eu envie de me lâcher un peu plus, de retravailler sur des influences que j’avais comme Gainsbourg.

J’ai donc travaillé surtout sur les arrangements de cordes, sur des parties différentes.

Le chant est plus important dans cet album.
Oui, le chant est mis plus en avant dans cet album. J’en avais envie et j’avais envie de travailler avec d’autres personnes pour voir ce que ça pouvait donner. Le final est différent c’est ce que nous voulions.

Il y a une large palette de styles musicaux dans la musique de Mermonte. Chaque morceau a une identité différente. C’est dû à ce que vous écoutez à côté, à vos autres groupes ?
C’est un peu tout ça. Depuis gamin, mon frère m’a éduqué à la musique. Il écoutait plein de choses, ça allait de la musique classique à Metallica. Il m’a ouvert à plein de styles différents. Quand j’ai commencé à faire de la musique, je ne me suis donc pas dit : je vais faire du rock, je vais faire de la pop. J’avais envie de mélanger un maximum les styles pour que la musique ait justement une réelle personnalité.

Je reste quand même dans l’idée de boucles, c’est ça en fait mon truc. Steve Reich est mon grand maître.

Vous l’avez enregistré où et comment cet album ?
En studio, j’enregistre la plupart des instruments et je demande à des copains de venir. Généralement je fais les basses, les guitares, un peu de vibraphone. Pour cet album, j’ai demandé à un quatuor à cordes de venir, ce sont les anciens de Mermonte qui reviennent pour le studio. J’ai aussi demandé à des trompettistes de venir. On a eu la chance d’avoir 3 batteurs pour l’album. Tout cela donne des façons de jouer différentes sur chaque morceau et c’est exactement ça qu’on voulait. Ca fait une bonne vingtaine de personnes pour les enregistrements. On a enregistré l’album au Cocoon Studio avec 3 ingés sons de Mermonte et aussi au studio de Julien Lemonnier pour les guitares et le chant. On a enregistré les violons dans une chapelle, la Hublais, à Cesson-Sévigné.

On a tout enregistré instrument par instrument, un enregistrement live est trop compliqué pour nous mais on aimerait bien pour le prochain album.

Comme tu le disais, Dominique A, Laetitia Sadier sont sur cet album. Les rencontres se sont faites comment ? Vous aviez écrit les morceaux avant de leur proposer en pensant déjà à eux ?
Pour Laetitia Sadier, j’en ai parlé à Guillaume Chiron, qui travaille au Confort Moderne à Poitiers et qui la connaît. Je lui ai envoyé le morceau que j’avais pour elle et elle a dit ok. Elle a enregistré à Londres. Pour ce morceau, j’étais vraiment influencé par Stereolab. Pour Dominique A, j’avais déjà tout fait, les paroles et la musique et j’avais envie de faire ce morceau avec lui. C’était difficile au début car sa directrice artistique me disait qu’il en avait un peu marre de faire des featurings mais elle lui a quand même envoyé mon morceau et il a accepté. Devin Yuceil, c’est un copain, je l’ai rencontré à Londres quand je jouais avec Fago Sepia.

Et Stuart Smith c’est juste le meilleur chanteur du monde !

Tu en as déjà parlé mais vous êtes chez Room Records, pourquoi avoir changé de label ?
Il y a toujours des moments difficiles avec les labels par rapport aux motivations de chacun, à ce que chacun veut. On était en désaccord avec Clapping Music. J’adore ce label ! Il y a Egyptology et plein d’autres groupes que j’adore mais on ne s’est pas bien sentis pour cette sortie. Ca arrive pour tous les groupes. On a eu de la chance de trouver Room Records rapidement et facilement. Romain nous a pris en label et en booking. Il est super motivé !

Ca se passe comment pour trouver des dates quand on est aussi nombreux ?
Oui c’est compliqué mais on commence à avoir pas mal de dates. On va jouer à Paris, à Rennes, à Nantes, à Agen et on a déjà une dizaine de dates pour 2019. En fait, on a souvent des propositions de salles mais c’est le régisseur qui dit non vu le nombre que nous sommes sur scène. On sait très bien qu’on ne fera jamais 100 dates dans l’année !

On pourra vous retrouver le 10 novembre à Rennes à l’Antipode.

Comme on est sur Rennes Musique, est-ce que tu as eu un coup de cœur récemment pour un groupe rennais ?
Je suis un gros fan de La Terre Tremble !!! mais ça n’est pas un nouveau groupe.

Je pense à Yes Basketball, je trouve ce groupe génial. Il faut voir ce groupe en concert absolument !

Merci Ghislain.

Propos recueillis par Cath
Crédit photo : Yoann Buffeteau

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