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Asaf Avidan à l’Etage.

Asaf Avidan est un auteur-compositeur-interprète israélien, leader du groupe de folk-rock Asaf Avidan & the Mojos. Et ça fait trois ans que je lui cours après. A l’époque, on m’avait parlé d’un mec fabuleux en concert, avec une voix de fou. Je me souviens avoir cru à la première écoute que c’était une femme (comme tout le monde). Et durant trois ans, impossible de le voir en dehors de Paris. Depuis peu, c’est le succès pour lui. D’Israel, à la Réunion, jusqu’à chez nous, il fait sensation. Et il est passé à Rennes, le 2 avril. Enfin.
 Alors, j’ai une bonne, et une mauvaise nouvelle.
 On commence par la mauvaise.

 

Le concert était à l’Étage. 
Aaaaah l’Étage. À elle toute seule, cette salle peut réunir le top du flop en live. Car elle ne se contente pas d’avoir une forme rectangulaire fort peu propice au spectacle. Tellement peu propice qu’ils se sont sentis récemment obligés de mettre un écran au milieu de la pièce, pour que ceux du fond puissent espérer apercevoir quelque chose (mais même du fond de la salle, c’est plus visible sur la scène que sur l’écran, du coup on n’a pas compris l’utilité). Une forme tellement pas pratique qu’y gérer le son relève du tour de force, et est décevant 9 fois sur 10 (mais le prix reste le même, évidemment).

 

Je fais un petit récap’ avec le top 5 des trucs bof, en dehors de la forme de la salle et de sa difficulté d’insonorisation :

 

1. La lumière blanche. Celle qui fait que tu vois toutes les poussières sur tes fringues, ainsi que les sous-vêtements (blanc, dommage) de la voisine de devant. Le pauvre mec qui a mis un t-shirt blanc ce soir là devient plus visible dans la foule que l’artiste sur scène.

 

2. Le bar proche de la salle. Si bien que certain seront aussi bourrés que des cartables de p’tits 6eme.

 

3. Le public de daron reloud. Ceux qui soupirent dès que tu bouges pour mieux voir, qui te font les gros yeux dès que tu veux tenter un voyage vers les toilettes. Ils sont comme des moules à un rocher qui lâcheraient leurs emplacement pour rien au monde. C’est donc relativement impossible d’être proche de la scène à moins d’être venu une ou deux heures en avance.

 

4. Le mec bourré (directement lié au point 2.), celui qui, pas plus grand que Sarkozy est trop fier de faire claquer ses talonnettes. Celui qui n’a pas compris que si t’avais payé 25euros, ce n’était pas pour l’entendre dire les résultats du match de foot de ce soir mais plutôt pour le mec au loin, là bas, sur la scène. Si si.

 

5. La flaque de vomi (également lié au point 2. et peut-être même au 4.). A partir du moment où c’est moche, que ça pue et qu’il y a des grumeaux, l’existence de la chose est pour moi à remettre en question.

C’est le trio perdant.
Maintenant, attaquons la bonne nouvelle.

 

Que dis-je, LES bonnes nouvelles, avec le top du top.

 

1. Deux mots : Asaf Avidan.

 

2. Sa voix. Elle est un instrument à elle toute seule. On le compare beaucoup à Janis Joplin, Jeff Buckley ou encore Robert Plant. Par moment, j’entends même du Cocorosie (comme dans « love it or leave it »). Elle est rauque, haute, parfois aigue. Le chanteur ne pouvait d’ailleurs plus parler hier matin, à force de concert. Il use son don jusqu’à la corde (vocale). L’Étage est une salle dure à gérer niveau son, mais qu’importe, Asaf s’en moque. Il chante. Sur « Different Pulses » (extrait de l’album du même nom), le son est clair, parfait.

 

3. Les chansons. Si je n’accroche pas forcément sur les moments de synthé’ (trop 80’s pour moi), je me retrouve parfaitement dans les sonorités blues, rythmée d’harmonica, ou folk comme avec « Small change girl ». En fermant les yeux, je suis dans un bar, assise à une table, un verre à la main. Je danse sur les passages plus rock’n’roll comme avec « Hangwoman », au son de sa guitare électrique, je suis comme sur la pelouse d’un festival d’été. Je me perds dans les « tête-à-tête » entre un unique spot, un artiste et un instrument (le trio gagnant). La deuxième partie du concert, il abandonnera la guitare électrique pour une acoustique. L’ambiance sera alors plus intimiste. C’est entre nous, lui et ses quatre musiciens.

 

4. Le temps de concert, soit presque deux heures. Asaf Avidan est un homme généreux. Au bout d’une heure et demie, c’est reparti avec un rappel qui débute par « One day », la chanson qui l’a rendu vraiment connu.

 

5. L’échange avec le public. Notre homme est aussi TRÈS bavard. Il explique en anglais qu’il aime mettre le bordel dans la tête des gens (« fuck in your mind » plus précisément), que c’est normal si en concert, il y ait des hauts et des bas. Il nous demande de nous laisser porter par sa voix, sa musique. Il nous raconte des histoires un peu étranges : celle d’un homme-lion, ou un loup qu’il a vu dans sa chambre après avoir pris des médicaments un peu trop costauds alors qu’il était malade… Des êtres hybrides, venant de sa tête. Et même si le public n’est pas très chaud, il arrive à les mener à la baguette. Il fait son crooner pour faire crier les filles ? Ça marche. Je suis même surprise de ne pas voir de culotte voler sur scène. Il demande au public de « jumper » ? Ils le font. Ça fait déjà quelques temps qu’Asaf Avidan fait de la scène, et ça se sent.

 

En conclusion, j’aurais malgré tout aimé voir l’artiste ailleurs qu’à l’Étage. Dans une salle peut-être plus petite, plus intimiste, plus « blues ». Ou sur une grande scène, avec plein de monde, plein d’espace, et un coucher de soleil tant qu’on y est. Avec lui, j’aurais voulu des extrêmes. Pas un entre-deux. 
C’est pourquoi j’espère le revoir au Liberté, en octobre. 
En attendant, je n’écouterais plus Asaf Avidan à la maison, ça ne rend pas justice à sa voix. Celle qui donne la chair de poule, celle qui se suffit à elle même. Putain, cette voix.

 

 Sophie Barel

 

 

 

 Crédit photos par Sebastien Lecocq.

 

1 commentaire

  1. Djeepthejedi a dit :

    Hein? J’ai pas vu de vomis moi ? Sinon d’un point de vu masculin j’ai trouvé que ce concert était aussi très bon.

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