Wax Tailor, ou la recette d’une bonne soirée.

© Wax Tailor.

On est le vendredi 29 mars, il fait nuit et il pleut, mais je cours à travers Rennes telle une amoureuse qui part à la rencontre de son nouveau chéri. 
Je m’en vais retrouver Wax Tailor.


 

De son vrai nom : Jean-Christophe Le Saoût, auteur, compositeur, producteur de musique, et manager français. Rien que ça. Et pour la petite info’, il est passé à l’UBU aussi, en 2005 (si si, souviens-toi)
.

 

Ce mec, je l’ai connu durant mes années lycées et je l’ai retrouvé par hasard dans la bande-son du film « Paris » de Cedric Klapisch (toi même tu sais) avec le titre désormais culte « Seize the day« . En somme, ça remonte à un petit moment. Mais c’est ma première fois avec lui. Soit doux Wax.

 

Avec eux, j’ai appris la recette pour une bonne soirée, lisez bien :

 

– Après une première partie de Fakear (1 DJ, pc, 2 Ipad boites à rythme) histoire de se mettre dans l’ambiance avec une musique electro trip hop-dubstep avec des sonorités orientales, une petite pause pour préparer le matériel et on repart pour deux heures de concert ! Parce que ces artistes sont généreux.


- Prenez un violoncelle, un violon (parfois une basse), une guitare, une flûte traversière, et les musiciens qui vont avec. 


– Par ci par là, ajoutez un trombone et une trompette. 


– Trois rappeurs (Mattic, et le duo A State of Mind) et une chanteuse (Charlotte Savary).


Voilà, maintenant, on peut touiller.

 

Ça sera tantôt smooth, tantôt groovy. Mais jamais de grumeaux. Wax Tailor, ça passe tout seul. On reconnaitra la saveur d’un album à un autre, l’air de rien. On se raccroche à ce qu’on connait, comme une bonne madeleine de Proust musicale.

 

– Derrière eux, installez un écran avec une scénographie en projection-mapping : des clips, du film, du dessin animés, des images de la « mascotte » du dernier album (un petit garçon) et bien d’autre… Personnellement, j’adresse une mention spéciale au petit poulpe en crochet. L’univers graphique est là. On apprend d’ailleurs dans le générique de fin affiché sur l’écran que Wax est aussi Directeur Artistique. Rien de surprenant finalement.

 

Je danse, j’ai de la place pour le faire bien que la salle soit pleine (par chance, le concert est passé de l’Étage au Liberté et c’est tant mieux). Je suis bien. J’ai envie de dire que de toutes les matières, c’est le Wax que je préfère.

 


- Ajoutez des artistes qui dansent tous ensemble sur la scène, visiblement contents d’être là, tout comme le public rennais. Wax Tailor motive la foule à faire mieux qu’au concert du nord de la France. C’est que « les bretons ont une réputation à tenir ». On s’y accroche à notre titre de « meilleur public français ». 


Le groupe arrive à rendre un solo de flûte traversière carrément funky. La musicienne s’éclate sous les projecteurs (mon ami entendra derrière lui quelqu’un dire « je ne verrais jamais plus la flûte traversière de la même façon »). Ils se lancent tous des regards complices, se trémoussent dès qu’ils lâchent leurs instruments (ça marche aussi avec), ont des regards heureux en évaluant la foule, ou conquérant par moment, tous de noir et de rouge vêtus.

 

– Dedans, mettez des morceaux du dernier album « Dusty Rainbow From The Dark », ainsi que des grands classiques, tel que « Que sera » ou le public chante à l’unisson avec le groupe. « Seize the day », bien évidemment, « Positively Inclined », ou encore « Say yes » que j’espérais très fort et qu’on aura eu en rappel. Dans Dragon Chasers, Charlotte se fait envoutante, et dans Fireflies, elle donne la réplique à Mattic.

– Des rappels ? Mettez-en plusieurs, c’est toujours meilleur.

– Laissez « reposer » tout ça deux heures, dans une grande salle plutôt bien insonorisée, avec des gens en liesse et motivés.

Et voilà, vous avez la recette d’une très bonne soirée. 
C’est calé, géré, mesuré… Et spontané en même temps. Comme de la vraie bonne cuisine.
Le regret du groupe ? Ne pas être aux Vieilles Charrues cet été. Du coup, on fout le bordel pendant 5 minutes, histoire de mettre les glandes aux organisateurs. Et c’est ça qui est bon.

Alors, entre vous et moi, on était bien tous ensemble à bouffer du Wax Tailor, plutôt qu’à manger des chips tout seul devant les Enfants de la Télé. Non ? On était bien, bien, bien même.

Sophie Barel 

 

 

 

 

Photos du concert par Gwendal Le Flem. Plus de photos ici.  et par Sébastien Lecocq

 

Photo de présentation : ©Wax Tailor

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