[LES EMBELLIES + JEU] Ô Lake : « Avec « Extended » on va jouer tout ce qui est son électro en direct »

Ô Lake

Dans le cadre des Embellies 2018, Ô Lake présentera « Extended », un concert inédit pour lequel Sylvain Texier sera accompagné de 5 autres musiciens. Il jouera le 20 mars prochain au festival des Embellies.

Rennes Musique vous fait gagner des places pour la soirée du vendredi soir aux Embellies à la fin de cette interview. Jeu valable jusqu’au 17 mars.

Rencontre avec Sylvain Texier.

Peux-tu présenter Ô Lake pour les personnes qui ne connaissent pas encore ?
C’est un projet qui est né en 2016, un projet de musique instrumentale avec du piano principalement, un peu d’électronica. C’est une musique très cinématographique.

On sent que tu es inspiré par la mélancolie, le spleen, mais il y a toujours une lueur d’espoir.
On me dit assez souvent que c’est très cinématographique, que c’est effectivement mélancolique mais lumineux. On me dit ça dans tous les projets pour lesquels je compose la musique.

La tonalité mélancolique est une tonalité qui me parle, qui me fait du bien, que j’aime entendre en musique et que j’aime jouer.

Cela se prête très bien à la musique instrumentale, la musique piano/cordes. Pour moi c’est comme ça que j’imagine la musique. Tous les morceaux de Ô Lake ou The Last Morning Soundtrack ne sont pas forcément mélancoliques. Chacun y voit ce qu’il veut. Il y a des tonalités un peu plus gaies mais aussi des morceaux un peu plus plombants.

Tu m’as parlé du mi bémol majeur par rapport à la mélancolie. Tu peux m’expliquer ?
C’est une tonalité que j’adore, que j’utilise beaucoup, peut-être un peu trop des fois. C’est une tonalité qui m’inspire. Tout le monde ne connaît pas forcément l’association du mi bémol majeur avec la mélancolie mais c’est un fait !

C’est le piano qui guide ta création et l’électro arrive ensuite par petites touches ?
Je compose des morceaux effectivement au piano dans un premier temps. Ca me donne toute la mélodie et ensuite j’amène les arrangements, des couleurs un peu différentes, de l’électro, principalement du clavier et depuis peu des cordes. Mais à l’origine c’est surtout du piano, il y a même certains morceaux qui sont piano solo. J’aime bien travailler les textures aussi, des petites choses que je vais rajouter, des bruitages.

Je suis très inspiré par la scène nordique qui adore triturer le son et c’est vrai que ça amène une vraie atmosphère, une vraie ambiance et j’adore ça !

Je suis très fan des musiques de films, des BO, j’aime bien retrouver des ambiances, des sons, des textures qui vont rappeler des lieux, des instants.

Tu composes et tu arranges les morceaux de Ô Lake tout seul ?
Pour Ô Lake, je compose, j’arrange et ensuite on joue en duo avec Gérald Crinon-Rogez (qui joue aussi dans The Last Morning Soundtrack). Gérald valide les arrangements que j’ai crée et/ou propose autre chose. Il est impliqué dans l’arrangement. C’est la personne qui va écouter en premier les morceaux, c’est mon conseiller en fait.

Gérald a un recul sur les choses, sur ma musique, il a une oreille neuve, il comprend là où je veux aller.

Avec Gérald on se connaît depuis une dizaine d’années, ça a été une vraie rencontre musicale et humaine, on est complémentaires, on aime les mêmes choses, on arrive à se tirer vers le haut. On s’entend tellement bien qu’il peut se permettre de me dire des choses

Peux-tu me parler du projet « Extended » de Ô Lake ?
Le festival des Embellies nous a proposé de faire une création spéciale autour des morceaux qui sont normalement joués en duo. Ca tombait très bien parce que j’avais un projet d’album avec Ô Lake et j’avais commencé à réfléchir à comment je voulais arranger les choses pour le disque. Je ne voulais pas non plus rester dans quelque chose de trop minimaliste, je voulais rajouter des choses qu’on n’avait pas forcément en live. J’ai donc commencé à bosser sur cet album, à rajouter des cordes, de l’électro, des claviers sans me poser trop la question de comment on allait le restituer en live, sans me mettre de barrières. Quand on nous a proposé « Extended » ça coulait de source qu’on allait jouer finalement l’album en live comme je l’avais composé, avec les arrangements qui étaient normalement destinés au disque. Je ne voulais pas forcément les jouer en live, les morceaux fonctionnent aussi en piano solo électro, c’est ce qui est le mieux pour les concerts aux casques que nous faisons. Avec « Extended », on voulait un peu ouvrir les choses, on voulait aller un peu plus loin.

J’imagine que le concert « Extended » ne sera pas aux casques, il en faudrait beaucoup. Tu conseilles toi-même d’écouter tous tes morceaux aux casques d’ailleurs.
Non ça ne sera pas aux casques, effectivement. Aujourd’hui quand tu écoutes de la musique, tu l’écoutes sur ton ordi, sur des enceintes un peu pourries (ça n’est pas toujours le cas). Je préfère dire aux gens de prendre un casque pour être un peu plus immergé. Je n’aime pas quand j’ai passé du temps sur un morceau et me dire que les gens vont l’écouter sur un truc basse définition.

Le casque permet d’entrer dans l’intimité de la musique.

Au début du projet, je me suis demandé comment jouer cette musique hyper intime, comment la proposer aux gens. Il était clair dès le début que ça n’allait pas être dans des SMAC ou sur des grosses scènes. Il fallait donc proposer un « concept » qui permette une immersion totale ou presque dans cette intimité. Le casque était vraiment la solution parfaite. Les gens sont très preneurs de ça pour cette musique là. On a joué dans divers endroits et à chaque fois ça se passe super bien, les gens sont hyper enthousiastes à l’idée d’écouter aux casques. C’est souvent une expérience un peu nouvelle pour eux même si de plus en plus de musiciens et de festivals en proposent.

On rentre dans votre intimité tout en gardant une distance avec le casque finalement.
Les gens ne sont pas avec nous mais à la fin du concert les gens viennent vraiment nous parler, échanger parce que la distance n’est finalement pas là, on joue au milieu des gens. Le casque met une distance mais le fait d’être entouré permet d’effacer un peu cette distance. A la fin de nos concerts, il y a même parfois des discussions de groupe.

Pour le projet « Extended », il y a donc Gérald qui joue avec toi. Qui d’autre vous accompagne sur scène ?
Alors pour te donner l’équipe complète, je serai au piano principal. Gérald sera au piano et fera tous les claviers (notamment claviers basses et synthés). Federico Climovich, que l’on connaît via Bumpkin Island, sera à la batterie, aux percussions, il fera un peu de basse et il va s’occuper de tout ce qui est textures en direct. Par exemple, un son de papier froissé sera crée en direct.

Avec « Extended » on va jouer tout ce qui est son électro en direct, ou du moins, la majeure partie car tout n’est pas possible.

Il y a donc aussi Goulven Kervizic au violoncelle, qui a un projet qui s’appelle Ka. Il y a Morgane Houdemont au violon que vous avez pu voir sur la tournée du deuxième album de Mermonte. Et enfin Julie Mellaert à l’alto. Il y a Glenn Besnard au son et Thibaut Galmiche aux lumières, deux membres de Bumpkin Island. J’ai presque pris tous les membres de ce groupe, des gens talentueux. Le but était d’avoir une équipe cohérente et qu’on s’entende bien humainement. J’ai bien hâte de commencer les résidences qui vont avoir lieu à l’Ubu, au VIP et à la Maison des Associations juste avant le concert du 20 mars.

Vous n’avez pas encore commencé à travailler ensemble ?
Non, pour le moment on a juste fait une vidéo et une répétition. On a joué juste une fois avec les cordes pour vérifier que les partitions étaient bonnes et pouvoir corriger avant de commencer les résidences.

Tu avais déjà les morceaux pour ce projet ou tu en as composé des nouveaux que vous avez arrangé tous ensemble ?
J’avais une partie des morceaux quand on m’a proposé la création. On faisait déjà des concerts, je travaillais déjà sur le premier album de Ô Lake. Il y a quatorze morceaux en tout que j’ai arrangé, j’ai passé du temps à écrire les partitions pour les cordes. Tous ne seront pas joués pour le concert d’« Extended ».

Ô Lake ça va du piano solo au quatuor à cordes.

« Extended », c’est un projet sur le long terme ou c’est juste pour les Embellies ?
Au début, on voulait faire une création juste pour les Embellies et puis on s’est dit que c’était vraiment dommage de déployer tant d’énergie pour une seule date. Aux Embellies, nous proposerons effectivement une version finalisée mais qui sera vouée à changer, à évoluer avec d’autres morceaux, peut-être avec d’autres musiciens. On n’en sait rien en fait. On va proposer « Extended » à d’autres salles, d’autres festivals mais on a tous un bel emploi du temps donc je ne pense pas qu’on fera 50 dates. Une dizaine serait déjà très bien !

Il y aura un album bientôt ?
Il y aura un album, pas avec les quatorze morceaux.

L’album est maquetté, peut-être que le live du 20 mars va l’influencer.

J’ai composé des morceaux dernièrement donc je ne sais pas encore quels titres seront sur l’album. J’aimerais le sortir début 2019 mais j’ai envie de prendre le temps de faire les choses. On n’est pas pressés et personne ne nous attend. J’ai vraiment envie de faire un bel objet, c’est une musique qui a besoin d’un bel écrin.

Merci Sylvain.

Propos recueillis par Cath
Crédit photo : Mip Pava

JEU
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Comment s’appelle la création de Ô Lake pour les Embellies 2018 ?

Pour jouer et tenter de gagner, envoyez un mail à : catherine@rennesmusique.com en précisant vos nom, prénom, et en indiquant «Jeu Festival Embellies Vendredi» en objet du mail.
Attention : une seule participation par personne pourra être validée. Un tirage au sort sera effectué parmi les participants ayant donné la bonne réponse. Les gagnants recevront un mail. Jeu valable jusqu’au 17 mars.

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