Tropique Noir : « j’ai envie de parler à l’oreille des gens »

Tropique Noir

Le premier album de Tropique Noir paraîtra le 17 mai prochain. Un album personnel de Mickael Olivette, de la pop noire et sombre, des textes denses et tourmentés. Un album intimiste à découvrir aux Embellies vendredi soir.

Rencontre avec Mickael Olivette

Mickael Olivette, parlons d’abord de toi. Tu peux te présenter et me parler de ton parcours musical ?

J’ai eu pas mal de groupes avant Tropique Noir, dont Cavale Blanche qui n’existe plus. Je joue dans Carrière Solo, le groupe de Régis Rollant de Mermonte, dans Djokovic, le groupe de Thibaut Derrien et Gwendoline, un duo avec un ami.
Tropique Noir est mon groupe perso à la base, je me suis entouré de musiciens pour le live.
J’ai fait musicologie pendant quelques mois mais ça n’était pas pour moi, j’ai abandonné. J’ai finalement tout appris tout seul.

Peux-tu me présenter les musiciens de Tropique Noir ? Je crois que tu t’es bien entouré.

Oui, il y a deux membres de Mermonte : Régis Rollant à la guitare et Ghislain Fracapane à la basse. A la batterie, il y a Maëlan Carquet qui joue dans Bantam Lyons. J’ai fait toute la musique et je leur ai proposé, ils ont dit oui direct.

Tu as ressenti le besoin de faire Tropique Noir pour dire des choses personnelles ?
Tropique Noir est né de plusieurs choses un peu tristes et chiantes de la vie, des choses pas joyeuses.
Tropique Noir est né de ressentis émotionnels un peu durs. Je ne me suis pas dit que je voulais faire de la musique triste, c’est quelque chose de très émotionnel, au moment où j’ai vécu quelque chose qui m’a profondément touché et je me suis mis à faire de la musique.

Tropique Noir c’est quelque chose d’émotionnel mais aussi très sombre.

Je ne suis pas quelqu’un de foncièrement dépressif, je ne suis pas un gothique non plus, je suis juste quelqu’un de normal. J’étais juste triste au moment de l’écriture, comme tout le monde dans sa vie.
J’ai ressenti quelque chose d’intense qui m’a fait faire Tropique Noir.
La pochette aussi a quelque chose de sombre, une image de destruction.

C’est une photo que mon père avait pris à la Réunion dans les années 90, c’est une coulée de lave.
Je trouvais que la photo de la pochette de l’album représentait bien ce côté destruction des choses avant que ça ne recommence.
Le graphisme a été fait par Aloïs Lecerf de Voyons Voir.

Après un premier EP du nom de « 14 & Makarios », un album sortira le 17 mai prochain, il y aura combien de titres ?

Il y aura 10 titres sur cet album dont un bonus track un peu à l’arrache que j’ai conservé en mode démo.

Il y a un titre qui est sorti et une session live. On a une petite mise en bouche de Tropique Noir. Tu peux m’en dire plus sur les autres titres de l’album ? Tu parles de quoi sur cet album ?

L’album est parti d’un thème précis, cet album est un peu une façon de se soigner. Je ne savais pas quel effet cela aurait. Je parle des choses tristes relationnellement avec les autres, avec les proches. C’est un mélange de nostalgie, de réel et de ce que je ressens dans ma tête. J’écris toujours avec des images comme « le couteau qui frôle tes reins ». J’ai d’abord fait la musique et ensuite les paroles. J’écrivais dans ma tête selon ce qui ressortait avec la musique, de façon instinctive.
Tropique Noir, c’est un vécu qui ressort tel quel.
Même ta voix est grave, on a l’impression que tu veux nous prendre par la main. On est très à l’écoute avec ta voix, on est tout de suite pris par tes paroles, par une espèce de douleur.

Je ne suis pas du tout un chanteur, c’est donc le côté « parlé » qui est venu naturellement. J’aime bien le côté chaud du grain, du souffle, ça donne quelque chose d’assez intimiste.
J’ai envie de parler à l’oreille des gens, leur dire ce que je ressens au moment où je chante, leur faire ressentir mon « moi » au fond du trou.
Ce nouvel album sortira chez Music From the Masses, un label de Brest, tu peux m’en parler ?

Les gars de Beko ont décidé de monter un nouveau label « Music From The Masses. ». Avant ils ne faisaient que des sorties digitales, ils ont sortis un tas de trucs pendant 15 ans dans le monde entier. Ils sont passionnés et ils avaient envie de faire des sorties physiques, ils ont donc monté un nouveau label. Il y a Lesneu chez eux, Festin aussi. Je me suis retrouvé copain avec tous les brestois depuis Tropique Noir avec Djokovic, Lesneu, qui connaissaient bien les gars du label. C’est comme ça que je me suis retrouvé chez Music From the Masses. C’est super, je suis ravi d’être chez eux ! C’est la première fois que j’ai un label. J’aime travailler avec ce genre de label, bien indé, passionné.



Vous allez jouer aux Embellies vendredi. Comment avez-vous préparé ce live ?

On a répété pour cette date mais j’ai une tendinite donc ça complique un peu. On a 2 concerts avant les Embellies à Paris à l’Espace B et à Angers au Joker’s Pub en première partie de Bruit Noir. Ca va bien nous préparer pour les Embellies, travailler en condition c’est plus efficace.
Je suis quelqu’un de très stressé, il va donc falloir que je m’habitue car je me retrouve mis en avant avec Tropique Noir pour la première fois.
C’est un exercice compliqué quand tu es un peu timide et pas sûr de toi mais je peux me cacher derrière mes copains.

De façon plus générale, il y a quoi dans ta discothèque ?

Je n’ai pas de vinyles, ni de CD. J’écoute énormément Beach House.
Pour moi, Beach House ça n’est plus de la musique c’est un groupe qui m’accompagne comme un amour, un coups de foudre.
J’aime beaucoup Protomartyr aussi, Charlotte Gainsbourg, Bleu Nuit, un groupe québécois qui vient de sortir un album. Il y a Corridor aussi, ils sont aussi du Québec. Il y a de très bons groupes là-bas. J’écoutais beaucoup Foals quand j’étais jeune. J’écoute beaucoup de choses tristes en fait. J’écoute beaucoup Yann Tiersen aussi, son dernier album est magnifique.

On est sur Rennes Musique, c’est quoi ton dernier coups de cœur rennais ?

Désolé, je ne vais pas être très original, mais le dernier album de Mermonte m’a foutu une belle claque !

Merci Mickael

Propos recueillis par Cath
Crédit photos : Aloïs Lecerf

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