[I’m from Rennes] Rennes by Hexecutor

hexecutor

A l’occasion du festival I’m from Rennes, qui se déroule du 13 au 22 septembre un peu partout dans ta ville, Hexecutor t’en dit plus sur Rennes. Portrait musical d’une ville par ceux qui la font vivre.

Rencontre avec Joey d’Hexecutor

Si je te dis Rennes, ça t’inspire quoi au niveau musical, au niveau culturel ?

Dur de répondre à cette question… Rennes est une ville dans laquelle coexistent beaucoup de choses très différentes. Il y en a pour tous les goûts.

Le truc unique à Rennes, c’est la facilité avec laquelle on peut monter sur scène et trouver un public.

Il y a beaucoup d’opportunités. Dans notre cas, notre première opportunité de concert était au Mondo Bizarro, en première partie de Vulcano, un groupe brésilien légendaire et déjà une grande influence pour nous. Pouvoir faire ça aussi vite, c’est incroyable. Je pense qu’ailleurs on aurait pu ramer pendant des années avant d’avoir cette chance. 

Peux-tu me citer un groupe rennais en particulier qui t’a marqué ? 

Retentum Curiae ! C’est un des premiers groupes de metal que j’ai découvert. Pour moi c’était LE groupe de Rennes.

À l’époque j’en connaissais pas d’autre faut dire, mais si je devais garder qu’un seul « ancien » aujourd’hui, un groupe qui a eu une vraie importance, ça serait celui-là. Le titre « Au nom de la bête » dans le style c’est vraiment excellent, et chanté en français ! Bien que le groupe ait cessé d’exister la nuit du 06/06/06, leurs anciens enregistrements sont sortis récemment en vinyle, sur le label rennais Impious Desecration Records. 

Rennes en une chanson, ça serait quoi ? 

Rien à voir avec notre style… mais je dirais « Pas de voyous dans mon bar » des Trotskids. Ça serait compliqué de définir Rennes avec les paroles d’une chanson de metal, les thèmes étant souvent trop métaphoriques, métaphysiques, fantastiques ou abstraits pour coller explicitement à une expérience pragmatique du quotidien. C’est l’inverse dans ce classique du punk hexagonal. On est dans le vrai. Et puis je pense qu’on a tous au moins une fois été refusé ou sorti d’un bar, c’est pas une situation qui nous est étrangère, ça nous va bien. On a aussi une chanson qui parle d’aller se la mettre au bistro : « Hardrockers City ». On y aborde d’autre thèmes parallèles : les boulots de merde, le temps passé à rien foutre le coude sur un comptoir, on y évoque le Tiffany’s (l’ancien, RIP), notre cher climat, etc. Ca évoque le fait que nos choix de vie impliquent beaucoup de sacrifices et qu’on se sent étrangers à notre monde. J’ai lu sur internet que ce morceau parlait de « l’underground metal », de la passion de la musique ou un truc comme ça… En surface peut-être. En réalité c’est pas une chanson « sympa » ou enthousiaste. Le but était plutôt de prendre l’auditeur par le col, de le traîner dans notre univers et lui dire « regarde comment ça se passe ici coco ! »

 

Et Rennes en un album ? Tu as peut-être un album fétiche d’un groupe rennais que tu écoutes ou que tu as écouté en boucle chez toi ? 

La compilation The Forsaken Triptych de Cadaveric Fumes, qui regroupe leur première démo, leur partie du split avec Demonic Oath et leur EP Dimentions Obscure.

Pour moi, Cadaveric Fumes est un des groupes les plus intéressants en France actuellement.

Leurs death metal est old school tout en apportant une dose d’innovation qui leur est propre, ils sont classiques tout en ayant une personnalité unique. Tu peux entendre un riff et tu te dis « tiens ça sonne comme du Cadaveric Fumes ». Y a pas cinq cent groupes de metal qui peuvent s’en vanter, et au-delà d’avoir de la personnalité, ce qui n’est pas fondamentalement une fin en soi, c’est juste excellent. Bref, à ne pas rater ce vendredi 13. 

Où est-ce que tu aimes bien traîner tes oreilles à Rennes pour écouter de la bonne musique ? 

Le Mondo Bizarro et le Marquis de Sade en tête. Les concerts y sont excellents, les patrons sont de vrais passionnés, c’est aussi bien dans le public que sur scène. Deux des derniers endroits rock’n’roll à mes yeux.

Sans le Mondo Bizarro et le Marquis de Sade, on se ferait vraiment chier. 

Est-ce que tu as l’habitude de faire ton plein de musique chez un disquaire particulier à Rennes ? 

Au Troubadours du Chaos, à Rockin’ Bones et à OCD. J’apprécie les trois, pour des raisons différentes. J’achète presque exclusivement du hard rock et du metal, et presque exclusivement sur des périodes qui vont de 1970 à la fin de années 90 début 2000. Pourtant rien que dans cette petite fourchette, j’ai pu y trouver des choses très différentes, très surprenantes, pas dans les mêmes styles, pas sur les mêmes périodes, pas les mêmes nationalités. Je n’y achète pas non plus dans les mêmes formats. Les trois ont leur truc rien qu’à l’échelle du rayon qui m’intéresse. Bien sûr, le must c’est les conventions au halles Martenot, mais c’est un coup à pas pouvoir payer son loyer et ses factures après. 

Ton dernier coup de cœur rennais ? 

Le Groupe Obscur, sur scène c’est fou. Ils ont un truc unique, une grosse identité visuelle, ça sonne super bien, c’est un groupe à suivre. 

Ton dernier concert « coup de coeur » d’un groupe rennais ? 

Cadaveric Fumes (encore eux !?), au Courts of Chaos festival à Plozévet. C’était leur premier concert à deux guitares – le bassiste est passé à la guitare, le chanteur assure désormais la basse. J’avais un peu peur que le groupe perde en charisme, en réalité ils gagné en puissance.

Avant Cadaveric Fumes était un bulldozer, maintenant c’est un véritable tank.

Et toi, ton dernier souvenir de concert à Rennes mais en étant sur scène et pas dans le public ?

C’était avec le groupe Venefixion pour lequel je suis également guitariste (et dans lequel tu retrouves aussi le chanteur de Cadaveric Fumes, la boucle est bouclée), au Mondo Bizarro. Organisé par Roazhon Underground, toujours les mêmes têtes. C’était à l’issue d’une mini tournée avec Goatspell et les suédois d’Ultra Silvam, et c’était sanglant. Au sens propre du terme comme au sale. 

Et si je te dis « I’m from Rennes » ? Qu’est-ce que ça t’inspire ? 

Dans un premier temps, ça m’évoque le festival. Mais c’est également quelque chose que nous pourrions revendiquer hors contexte. Notre titre « Hangmen of Roazhon » sur l’EP du même nom parle de familles de bourreaux en poste dans notre belle ville à l’époque ou la peine de mort était encore un bon moyen du dissuader les contrevenants et les mauvais chrétiens. Dans un autre titre dont j’ai parlé plus tôt, on parle de notre vie, de nos potes et de nos bars.

Hexecutor est ancré dans la Bretagne et, plus que ses membres, le groupe en lui-même est « from Rennes ».

Au passage, merci à Fred et Garmonbozia de nous avoir mis sur cette affiche, c’est un grand plaisir de faire partie de ceux qui représentent les « musiques extrêmes » pour le festival.

C’est quoi l’actualité dans les mois à venir pour Hexecutor ? 

On est en train de boucler la composition et l’écriture du deuxième album.

On a déjà enregistré des maquettes de versions définitives, ça avance vraiment bien. Ça sera un album concept basé sur des mythes et des légendes bretonnes. On y évoquera une cité engloutie par les flots, des légions d’âmes non consacrées qui foule le sol des vivants à la nuit tombée, un livre de sorcellerie paraphé par Belzebuth qui condamne son propriétaire à un destin funeste, des sirènes, des revenants, des superstitions centenaires, la peste, l’amour, la mort, et le Diable accroupi derrière chaque syllabe. Musicalement ça sera plus varié que ce qu’on a pu faire précédemment. Plus personnel aussi. Ça fait longtemps qu’on est sur la composition de certains morceaux. On a fait un gros tri pour garder le meilleur, structurer de la meilleur façon chaque titre, garder que des idées pertinentes, de la tension, de l’agressivité et de la mélodie. Pour les curieux, on jouera deux nouveaux titres vendredi.

Merci Joey !

Propos recueillis par Cath
Crédit photos : DR

Toutes les infos sur le festival I’m from Rennes : https://imfromrennes.com/
Soirée du Vendredi 13 : https://imfromrennes.com/concerts/vendredi-13/
Pour réserver votre place : https://yurplan.com/event/Vendredi-13/45648#/

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