Labels d’été #05 : KDB Records

© Politistution KDB Records

Après notre série « Comptoirs d’été », nous vous proposons de découvrir les labels rennais pendant cette trêve estivale, et les personnes qui se cachent derrière. Ces labels qui nous font découvrir des artistes, et qui organisent des concerts toute l’année dans notre ville.

Episode 05 : rencontre avec Clément Kuttler de KDB Records.

Comment et quand est née l’aventure de KDB Records ?

A l’origine, KDB est une association qui fait de la sonorisation pour les associations qui organisent des concerts.

On a monté tout ça à deux avec Mitch. Le but était d’apporter un soutien technique à un prix modeste. On a acheté notre matériel et on a commencé à sonoriser dans les bars et un peu partout avec des associations comme Kfuel, Insomniac… De mon côté, la partie enregistrement et mixage m’intéressait. J’ai commencé à enregistrer un paquet de choses qui sont restées dans les tiroirs. Le label est donc né en avril 2008 mais l’association KDB existe depuis 2007. A la base, on ne pensait pas faire un label. J’avais juste sorti un CD en 100 exemplaires parce que j’estimais que ce disque devait voir le jour, le label est né comme ça. La partie sonorisation existe toujours aujourd’hui !

Qui est derrière KDB Records et comment sont répartis les rôles de chacun ?
Je m’occupe de la partie label tout seul. J’ai une personne en plus pour les stands, elle s’appelle Claire Guitteaud. J’aimerais bien qu’on soit plus nombreux.

Comment tu choisis les artistes avec qui tu vas travailler ? Comment repères-tu les artistes ?
C’est beaucoup à l’instinct mais aussi via le réseau, les connexions qui se font. Je fréquente beaucoup de musiciens de part la sonorisation. Le premier artiste que j’ai sorti s’appelle Zap Pascal et je le connaissais, je l’ai sonorisé plusieurs fois et donc, vu en concert en même temps. J’ai sorti un disque de 45 minutes, c’est de la musique contemporaine avec plusieurs musiciens de la scène rennaise. Tous les autres disques se sont fait de la même manière. Pour la STPO on est partis en tournée ensemble et j’ai sorti un disque live ensuite.

Je fonctionne vraiment aux rencontres, je les connais tous, sauf Infecticide que j’avais vu de loin à la Villette Sonique et de plus près à l’Alambik festival.

J’étais totalement scotché et je les ai contacté quelques mois plus tard en leur proposant de sortir un vinyle.

KDB Records reçoit beaucoup de démos ?
J’en reçois quelques unes et des propositions vraiment bien mais j’ai déjà mes sorties de planifiées de mon côté. Je n’ai aucune subvention et ça coûte cher de sortir un disque, je n’en sors donc que un ou deux par an, pas plus, je ne peux donc pas répondre à tout le monde. Je mets quand même les propositions intéressantes de côté, on ne sait jamais, pour plus tard.

Est-ce qu’il y a des critères de choix artistiques pour pouvoir signer chez KDB Records ? C’est quoi la philosophie du label ?
Je suis plutôt à l’écoute de tout ce qui tourne autour d’un esprit indus mais ça peut être vaste ! J’ai de la new wave, du post-punk.

A KDB Records, les styles sont larges mais il faut qu’il y ait une touche un peu sombre.

Combien d’artistes sont signés chez KDB Records actuellement ?
Aujourd’hui il y en a 5 mais dans mon catalogue il y en a une bonne dizaine comme Dead, Eyjafjöll, Fago Sepia, Mein Sohn William, etc…

Et ton coup de coeur ? C’est une question difficile…
C’est délicat parce qu’il y a plein de styles différents mais je pense à Dead.

Dead, je les suis depuis le début et j’aimerais que ça marche vraiment pour eux.

Quel est ton dernier coup de cœur que tu aimerais avoir chez KDB Records ?
J’aurais adoré avoir UVB 76, ça colle carrément au label mais je les ai découverts trop tard. Je les ai vus 2 fois en concert, au festival Visions et au FTTT1 de From Town to Town.

Et d’ailleurs, pourquoi ce nom ? C’est quoi ces 3 lettres ?
Quand on cherchait un nom pour notre association, on est partis sur un délire post-soviétique.

KDB, c’est un jeu de mot avec le KGB, c’est de la musique sur écoute !

On cherchait un nom avec le mot décibel au début car nous n’étions pas encore un label et cela a dérivé sur KDB.

Les groupes attendent souvent beaucoup des labels qui les signent. Peux-tu nous dire ce qu’un label comme KDB Records attend d’un groupe ?
J’attends surtout qu’ils se bougent pour chercher des dates. L’idée est de collaborer ensemble, de monter le projet ensemble, que tout le monde participe. Mais c’est quand le groupe joue et tourne que les disques se vendent et que des chroniques sont publiées.

J’aime bien travailler en co-production. Ca permet d’élargir le réseau, d’être mieux distribué, un peu plus visible.

Je pense que je vais travailler de plus en plus comme cela, pour pouvoir faire plus de disques et élargir la distribution.

Etre un label indépendant aujourd’hui c’est difficile ? Comment vois-tu l’avenir des labels comme KDB Records ?
Une sortie d’album ne paie pas la sortie suivante. Les ventes se font en général dans les 3 mois de la sortie donc si le groupe ne tourne pas, tu ne vends pas et tu te retrouves avec des stocks.

Une sortie de disque c’est un coup de poker, tu prends un risque financier à chaque fois mais c’est le jeu et on aime ça nous, les labels indépendants. On veut continuer de sortir des albums qui méritent de voir le jour !

Sur quels supports KDB Records sort les albums  ? Uniquement sur vinyle ?
Oui, je ne sors que des vinyles. Je fais des CD mais uniquement pour la promo du disque. Concernant les cassettes, c’est fait par d’autres labels, c’est un support rigolo, c’est peut-être l’avenir qui sait ! Le vinyle est devenu tellement cher maintenant. Les gros disquaires et distributeurs se goinfrent sur ce support. Après, on verra comment évolue le marché mais les vinyles continuent de bien se vendre aux concerts où les prix sont corrects, sauf pour les américains, eux ils augmentent les prix de leurs vinyles à leurs concerts.

Selon toi, qu’est-ce qui fait un bon groupe aujourd’hui ? Qu’est-ce que tu penses de la scène musicale actuelle ?

Un bon groupe aujourd’hui, c’est un groupe qui est intègre sur scène, qui est imprégné par sa musique, qui ne fait pas semblant, qui ne fait pas de la figuration.

Il faut qu’il se passe des choses quand on est devant un groupe, il faut que les poils se hérissent et que le groupe ne se contente pas de faire l’album. Pour avoir vu un paquet de concerts, c’est la sincérité qui me touche et ça se ressent tout de suite sur scène. Je préfère voir un concert avec des pains mais qui envoie plutôt qu’un concert où tout est carré, calibré, nickel mais où rien ne se passe.

Et la scène rennaise ?
C’est un vivier, la scène rennaise est formidable et riche en propositions.

J’aime beaucoup ce que fait Guadal Tejaz en ce moment, il y a vraiment un truc avec ce groupe.

On sent qu’ils ont une culture musicale derrière, qu’ils sont passionnés. Il y a Léviathan aussi que j’ai vu récemment et que j’ai adoré ! Des petits jeunes qui promettent. Ca n’est pas mon registre musical mais ce sont les 2 groupes que j’ai vraiment apprécié ces derniers temps sur Rennes.

Quelle sera la prochaine sortie de KDB Records ?
On prépare une sortie avec Dead, pour le moment je ne peux pas en dire plus.

Merci Clément.

Propos recueillis par Cath
Crédit photos : Politistution

Pour suivre l’actualité de KDB Records : http://kdbrecords.free.fr/

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